Bien que de récentes données principalement issues d´études de cohorte soutiennent le fait qu´initier les antirétroviraux à partir d´un taux de CD4 + supérieur à 500/mm3 réduise de façon significative le risque de décès et d´évolution ultérieure vers le sida, toutes les recommandations internationales prônent une introduction des traitements à partir de 350 CD4+/mm3. Ces recommandations se basent sur des études anciennes, menées avec les antirétroviraux dits de première génération, responsables d´un taux élevé d´effets secondaires toxiques. Les nouveaux antirétroviraux présentent a priori un profil de tolérance beaucoup plus favorable qui pourrait laisser envisager une utilisation plus précoce au cours de la maladie. D´après les résultats de l´étude de cohorte présentée par l´équipe de KA Lichstenstein (cohorte Américaine multicentrique HOPS), qui incluait 2 165 patients suivis pendant plus de 3 ans, les incidences de l´anémie, de l´insuffisance rénale et de la neuropathie périphérique décroissaient en effet selon le niveau de lymphocytes CD4+ à l´introduction des antirétroviraux. Par exemple, en ce qui concernait l´anémie et la neuropathie périphérique, les incidences étaient moins élevées chez les patients présentant plus de 350 CD4+ par rapport à ceux débutant un traitement avec moins de 200 CD4+. Pour l´insuffisance rénale, le seuil discriminant était à 200 CD4+. Dans tous les cas, ces incidences diminuaient de façon importante après 6 mois de traitement pour devenir très faible les années suivantes. Ces résultats sont restés valables après ajustement sur les antirétroviraux les plus pourvoyeurs de ces effets secondaires (zidovudine pour l´anémie, stavudine et didanosine pour la neuropathie, indinavir et ténofovir pour l´insuffisance rénale). L´un des freins majeurs à une utilisation plus précoce des antirétroviraux semble donc pouvoir être levé, sous réserve que d´autres effets secondaires liés aux nouveaux antirétroviraux et non étudiés ici ne présentent pas une incidence plus élevée avec le temps.