En dépit de l’évolution des connaissances sur la régulation de l’homéostasie du fer, les marqueurs biologiques couramment utilisés ont peu évolués. Une revue d’effectif des marqueurs classiques et des marqueurs récents ainsi que des données simples sur leur signification peut aider les cliniciens et les biologistes à diagnostiquer rationellement les carences et/ou les surcharges en fer. Les différentes formes de fer présentes dans l’organisme peuvent être explorées ainsi que le système de régulation de son métabolisme.

1) Fer circulant ou pool labile

La sidérémie: après absorption le fer circulant (ou pool labile) est transporté par la transferrine. Son dosage est facilement réalisable mais n’a pas d’intérêt demandé isolément du fait des grandes variations circadiennes (+/- 50%), inter- (valeurs plus basses chez la femme) et intra-individuelles (brusques variations de 30% inexpliquées). Ce dosage doit être si possible réalisé le matin à jeun afin de limiter cette variabilité.

La transferrine et le coefficient de saturation : Le dosage de sa protéine de transport couplé à celui du fer permet le calcul du coefficient de saturation (CST). Il est habituellement situé entre 20 et 40% et son principal intérêt est de confirmer une surcharge en fer lorsque sa valeur excède 45%. La diminution du taux au-dessous de 15% est en faveur d’une carence martiale mais elle peut aussi résulter d’un syndrome inflammatoire.

2) Fer hématopoïétique ou pool fonctionnel

L’hémogramme : si la méthode de référence de diagnostic de la carence martiale reste la numération des sidéroblastes après coloration de Perls, elle impose la réalisation d’un myélogramme ce qui n’est pas réaliste pour un trouble aussi bénin et répandu. On a donc recours à l’hémogramme qui donne des indications indirectes sur une carence martiale éventuelle. La diminution du taux d’Hb, du VGM et plus précocément de la CCMH contituent toutefois des indicateurs peu sensibles, peu spécifiques et tardifs.

Contenu en Hb des réticulocytes : Il s’agit d’un examen spécifique et réalisable en routine sur certains analyseurs. Les valeurs usuelles s’étendent de 28 à 35 pg et une diminution est un bon marqueur de carence martiale. Le pourcentage de Gr hypochromes a la même signification (si > 6%).

Récepteur soluble de la Transferrine (RsTf) : forme monomérique circulante du récepteur cellulaire, sa concentration augmente en cas de carence en fer. Elle n’est pas influencée par l’inflammation mais est corrélée à l’intensité de l’érythropoïèse. Ce dosage peut être couplé à celui de la ferritine pour établir un rapport RsTf/Log ferritine, très utile en cas de carence martiale couplée à un syndrome inflammatoire.

3) Fer de réserve 

Ferritinémie : l’examen de référence (coloration de Perls des hépatocytes) imposant une biopsie du foie peu réaliste, l’exploration du fer de réserve repose sur le dosage de la ferritine, protéine de stockage tissulaire du fer (l’augmentation de 1 ug/l correspond au stockage de 8 mg de fer jusqu’à 1000 ug/l, puis agrégation sous forme d’hémosidérine insoluble). La ferritine est une protéine pro-inflammatoire et son dosage doit être couplé à celui du fer pour être convenablement interprété. En cas de PCR négative, une ferritinémie 200 chez la femme ou 300 chez l’homme une surcharge en fer.

4) Systèmes de régulation

Géne HFE : la protéine HFE est la principale protéine de contrôle (absorption intestinale, recyclage macrophagique). La recherche de ses principales mutations (C282Y et H63D, homozygotes ou hérérozygotes composites) est l’élément central du diagnostic de confirmation de l’hémochromatose primitive.

Hepcidine : autre protéine de régulation, son rôle clinique reste à évaluer

 

Spectra Biologie – Dec 2007