L’épidémie de Chikungunya survenue en 2006 a permis de mieux connaître cette infection virale et ses différentes modalités de transmission. Des infectiologues et des épidémiologistes se sont, entre autres, interessés au devenir des enfants nés durant cette période de mères infectées en effectuant un suivi clinique et biologique pendant 22 mois.

Sur les 7504 femmes ayant accouché au cours de cette période, 678 (9%) ont été infectées par le virus à un moment ou à un autre de leur grossesse (sérologie et RT PCR positives), dont 59 en pre-partum ou post-partum immédiat (J-7 et J-3 avant l’accouchement et 39 entre J-2 et J+2).

A l’exception de 3 cas de morts fœtales précoces, une transmission de la mère à l’enfant n’est observée qu’en cas d’infection per-partum avec une virémie maternelle effective au moment de l’accouchement. Dans ces conditions, la transmission est fréquente puisque 19 cas (/39, soit près de 50%) ont été observés.

Les enfants sont tous asymptomatiques à la naissance mais une atteinte clinique de revèle constamment après quelques jours. Elle est sévère dans la moitié des cas (10/19) avec encéphalopathie et œdème cérébral et laissera des séquelles neurologiques dans 4 cas. La césarienne pratiquée en urgence une fois l’infection déclarée n’a pas montré d’efficacité préventive. L’intérêt d’une césarienne programmée dans le cadre de ces infections maternelles proche du terme de la grossesse reste à évaluer.

 

Plos Medicine 5 (2008) 413-423