En 1847, le Pr SEMMELWEIS alors obstétricien chef à l’hopîtal de Vienne eut l’idée d’exiger de ses confrères qu’ils se lavent les mains avant l’examen des parturientes. Cette initiative fit chuter le taux de mortalité liée à la fièvre puerpérale de 12% à 2,4%. Un an plus tard, le nettoyage des instruments chirurgicaux et obstétricaux permit de diminuer encore cette incidence. Plus d’un siècle et demi après ces mesures prises par le pionnier de l’antisepsie et de l’hygiène hospitalière, de nombreuses fautes, parfois élémentaires, sont toujours commises dans ce domaine.

Le lavage des mains, péché originel, continue de faire des ravages. Un modèle mathématique américain, s’appuyant sur toutes les données publiées concernant la prévalence, la transmission et le coût des infections à SARM a montré que chaque faute d’observance d’un soignant coûtait à l’hôpital 1.98 $, ce qui représente 1.77 million de $/an pour un hôpital de 200 lits. A contrario, le seul fait d’augmenter de 1% le lavage des mains permet d’économiser 40 000 $/an. Ces sommes pourraient être revues à la hausse (X 2 ou 3) en prenant en considération les autres germes d’intérêt.

Les mains ne sont pas les seuls vecteurs de transmission. La contamination environnementale est clairement en cause dans certains cas. Pour les colites pseudo-membraneuses à C. difficile on a longtemps pensé que la flore endogène était prioritairement responsable. Mais une étude menée dans les hôpitaux du Michigan a montré que dans 11% des cas, le patient occupant précédemment la chambre avait aussi eu une colite à C. difficile. Une recherche du germe et une amélioration des opérations de nettoyage désinfection s’impose dans ces cas après la sortie définitive du patient.

La contamination environnementale est très diverse dans ces modalités : les rideaux des chambres d’hôpitaux sont de grands pourvoyeurs de germes. Ceux de l’hôpital de Cleveland étaient contaminés dans 4% des cas par C. difficile, dans 22% des cas par des SARM et surtout dans 42% des cas par des ERV.

Pour leur transmission, les germes ne rchignent à utiliser aucun moyen de transport. Une étude menée sur les cravates des praticiens de la Mayo Clinic de Floride a montré une élévation importante de la charge microbienne entre les prélèvements du matin et ceux de l’après midi avec une prépondérance au niveau du nœud de cravate mettant en cause le manuportage et l’hygiène des mains.

En fait toutes les surfaces en contact avec les mains sont concernées. Des chercheurs ont mené une étude au domicile de sujets enrhumés en leur demandant de désigner 10 surfaces ou objets qu’ils avaient récemment touché. Chez les 16 sujets porteurs du génome de rhinovirus dans leur secrétions nasales, 42% des surfaces ou objets examinés (poignées de porte, interrupteur, télécommandes…) ont montré la présence du virus. De plus la diminution de cette contamination avec le temps est relativement lente (plus de 50% de positivité 48 h après le contact).

Communications 48th annual ICAAC et 46th annnual IDSA