Pseudomas aeruginosa (PA) est un bacille gram négatif ubiquitaire de l’environnement (saprophyte de l’eau, des sols humides et des végétaux). Il est connu pour sa résistance aux antibiotiques, à certains antiseptiques et sa responsabilité dans des infections nosocomiales (IN) sévères, en particulier chez des sujets ayant un terrain fragile. Sa capacité de propagation ou de transmission (surtout plasmidique) des résistances aux ATB est également remarquable.
Une étude a été menée sur l’évolution durant 5 ans des IN à PA. Elle repose sur leur signalement aux DDASS puis à l’INVS. Rappelons qu’il n’est pas systématique et doit être effectué dans certaines circonstances : caractère grave ou particulier (profil de résistance rare), décés, contamination environnementale.
Sur les 3520 IN, 332 (soit 9%) concernaient PA avec une stabilité et une répartition géographique relativement homogène sur cette période. Les services les plus touchés étaient ceux d’oncohématologie, de réanimation et de pédiatrie, ce qui confirme l’effet « terrain ». Le caractère nosocomial était certain pour 74% des signalements. 21% des épisodes correspondaient à des cas groupés (risque de transmission) et 24% des souches étaient totorésistantes (sauf à la colistine).
La situation épidémiologique des IN à PA est en fait relativement stable. 2 points déjà connus mais toujours mal maîtisés sont à souligner :
- La multiplicité des mécanismes de résistance (mécanisme enzymatique, imperméabilité, modification de la cible, efflux) et leur apparition (mutation chromosomique pour les fluoroquinolones ou transmission plasmidique pour les céphalosprinases).
- La difficulté de prévention de ces infections du fait des contaminations environnementales très diverses (réseaux d’eau, points d’usage, antiseptiques, mains du personnel soignant).
Le travail du CLIN et de l’EOH de chaque établissement doit donc chaque fois qu’une infection à PA est signalée par le laboratoire de microbiologie, veiller à l’absence de transmission croisée et mettre en place un traitement adapté aux données de l’antibiogramme. Dans un second temps, il faudra s’attacher à identifier le mécanisme de transmission en effectuant des recherches du germe dans l’environnement et en évaluant les pratiques de soins.
BEH 30-31 – Juillet 2008
