la survenue d’une infection par le VZV durant la grossesse est loin d’être exceptionnelle puisque son incidence en France est évaluée à 5 pour 10 000 grossesses. Ce risque est pourtant moins souvent évoqué que celui relatif à d’autres infections (toxoplasmose, rubéole, CMV). Chez la femme enceinte, la forme habituelle peut se compliquer de pneumopathie varicelleuse rare grave, avec un taux de mortalité par détresse respiratoire atteignant 42 % (la gravité augmente à l’approche du terme). Mais c’est bien sûr le risque congénital qui est au premier plan. Il est variable en fonction de la période de survenue. Avant la 24ème semaine d’aménorrhée, le fœtus risque de développer un syndrome de varicelle congénitale. Le risque est en moyenne de 2%, faible avant 10 SA, beaucoup plus important après (entre 8 à 36% de transmission selon les études). La symptomatologie est souvent marquée, avec des manifestations cutanées (cicatrices, hémorragies, troubles pigmentaires et trophiques), oculaires (choriorétinite, microphtalmie, cataracte…), squelettiques (hypo ou aplasie segmentaire) et neurologiques (microcéphalie, hypotonie, retard mental fréquent). L’anomalie la plus fréquente est l’hypoplasie des membres, facilement repérable à l’échographie qui constitue le mode de détection le plus courant de la varicelle congénitale. La seconde période à risque est la période péri-natale, entre 5 jours avant la naissance et 2 jours après. Le bébé peut alors développer entre le 5ème et le 15ème jour de vie une varicelle congénitale néo-natale dont le tableau clinique et la gravité sont très hétérogènes : d’une simple fièvre avec une discrète éruption vésiculeuse à une éruption hémorragique avec dissémination viscérale (pulmonaire et hépatique en particulier). Dans ce dernier cas la mortalité est de 20 à 30%. Entre ces 2 périodes, le risque pour l’enfant est faible (zona dans la première année de vie dans 1% des cas). Dans tous les cas, la transmission materno-fœtale ne s’observe qu’en cas de primo-infection, le risque fœtal en cas de zona maternel étant négligeable ou exceptionnel. En pratique, la prévention de ce risque en cas d’exposition d’une femme enceinte à un sujet contagieux (de 2 jours avant l’éruption jusqu’à la cicatrisation des croûtes) passe par la détermination de son statut immunitaire vis-à-vis du VZV. En cas de séronégativité, un traitement prophylactique est indiqué. Il repose sur l’immunisation passive par gammaglobulines (Varitect) ou une immunisation active si le contact est très récent (la vaccination par vaccin vivant atténué effectuée dans les jours suivant le contage prévient la survenue de la primo-infection dans 90% des cas).
Option Bio – 09/2005
