la politique de prévention des complications des incompatibilités Rhésus foeto-maternelle vient d’être réactualisée. Elle reposait jusqu’alors sur l’injection éventuelle d’Ig spécifiques anti-D dans les situations à risque d’hémorragie foeto-maternelles chez les femmes Rh D négatif susceptibles de porter un enfant Rh D positif, couplée à une injection systématique dans les premières 72 h du post-partum. Cependant les 700 cas symptomatiques recensés annuellement démontrent qu’elle n’est ni suffisamment ciblée, ni rigoureusement appliquée. Le collège national des obstétriciens français a donc défini le calendrier et les mesures suivantes : ? RAI et groupe Rh ABO (si non connu) lors du bilan biologique du premier trimestre de toutes les patientes. ? Si Rh D negatif et absence d’allo-Ac anti-D, nouvelle RAI au 6ème , 8ème et 9ème mois. ? Immunoprophylaxie anti-D reposant sur l’injection dans les 72 h suivant un événement potentiellement immunisant. Les experts précisent la nature de ces évènements en fonction de leur date de survenue : au premier trimestre, une interruption de grossesse, une GEU ou un traumatisme abdominal justifie une injection unique de 200ug d’Ig anti-D. Au deuxième trimestre s’y ajoute la mort fœtale in utero, les interventions chirurgicales abdomino-pelviennes et les métrorragies. La posologie des Ig est guidée par le résultat du test de Kleihauer quantifiant le passage d’hématies fœtales dans le sang maternel. Au troisième trimestre, toute femme Rh D neg dont le fœtus risque d’être Rh D pos doit recevoir 300 ug d’Ig anti-D à la 28ème SA. D’autres indications (version externe, cerclage du col…) peuvent justifier une prophylaxie ciblée dont les modalités sont identiques à celles du 2ème trimestre. A l’accouchement enfin, le Rhésus du nouveau-né doit être déterminé sur sang veineux de l’enfant. S’il est Rh pos, un test de Kleihauer devra être rapidement réalisé et une prophylaxie anti-D sera effectué entre 3 et 30 jours après l’accouchement. 2 réserves doivent être faites : cette politique de prévention peut être évitée si le père (certain) est Rh negatif. En outre, toute injection d’Ig anti-D ne peut être réalisée qu’après information de la patiente et obtention de son consentement.

J Gynecol Obstet Biol Reprod 01/2006