Les hépatites virales B sont définies par la présence d’ADN du VHB sans Ag HBS détectable. Certaines de ces infections occultes ont été décrites chez des patients atteints d’hépatites c chroniques. La signification clinique et le pronostic de cette co-infection étaient inconnus, alors que l’on connaît le caractère aggravant de la coinfection VHC-VIH sur l’évolution de l’hépatite C. Une communication d’une équipe française lors du dernier congrès américain d’hépatologie apporte des éléments de réponse. Une étude monocentrique rétrospective concernant 203 sujets infectés et virémiques pour le VHC et Ag HBS négatifs a montré que 47 (23%) étaient porteurs d’ADN du VHB (dosage par PCR quantitative). Le plus souvent et comme attendu, les charges virales VHB étaient faibles, comprises entre 100 et 1000 copies/ml. Aucune différence n’a été constaté entre mono- et co-infectés du point de vue des caractéristiques démographiques, du bilan hépatique ou du génotype du VHC. La recherche de l’Ac HBC n’est pas non plus un recours pertinent pour le diagnostic de ces infections occultes, car également négative. Par contre les charges virales VHC élevées sont significativement plus fréquentes chez les co-infectés que chez les mono-infectés (60% vs 41%). Mais surtout les lésions histologiques hépatiques sont plus sévères, tant du point de vue de la fibrose (66% de F3-F4 chez les co-infectés vs 40% chez les mono-infectés) que de l’activité (62% de A3-A2 vs 47%). Enfin le taux de réponse prolongée à une bithérapie anti-VHC paraît inférieur chez les co-infectés (30% de réponses favorables contre 49% chez les mono-infectés).

Cette étude montre ainsi qu’une proportion élevée (près d’un quart des sujets atteints d’hépatite C) est porteur occulte du VHB avec une aggravation du pronostic, tant du fait de l’évolution naturelle de la maladie que de la résistance au traitement. Si les résultats de cette étude sont confirmés, la question du dépistage de l’ADN du VHB chez les sujets atteints d’hépatite C se posera. De même, une modification des conduites thérapeutiques tenant compte d’une résistance accrue aux traitements antiviraux pourrait être envisagée. Seules des études prospectives ciblées sur cette problématique permettront de répondre à ces questions.

55 th AASLD Nov 2005