Le traitement des hypothyroïdies est basé essentiellement sur l’administration orale de L-thyroxine. Différents paramètres peuvent interférer avec l’absorption de cette molécule. Des modifications dans le régime alimentaire, la prise d’autres médicaments sont des facteurs de déséquilibre du traitement, qu’il soit à visée substitutive ou freinatrice. L’effet éventuel d’une hyperacidité gastrique n’avait pas été jusqu’à présent évalué. Une étude récente permet d’apprécier l’incidence d’une sécrétion acide gastrique inappropriée chez 250 patients traités pour un goître multinodulaire euthyroïdien. 21% souffraient également d’une gastrite liée à H. pylorii et 24% d’une gastrite atrophique du corps de l’estomac.

Les résultats de l’étude montrent que pour arriver à un même résultat, les besoins en L-thyroxine des patients atteints de gastrite sont en moyenne 28% plus élevé que pour ceux indemnes de pathologies gastriques. D’autre part, la survenue inopinée d’une infection à H. pylorii pendant l’étude a entraîné un déséquilibre du traitement, avec élévation de la TSH reflétant l’efficacité partielle du traitement et la nécessité d’augmenter les doses. La mise en place d’un traitement antibiotique et anti-acide efficace doit également s’accompagner d’une réévaluation des doses administrées.

 

NEJM – vol 354 2006