Dans la mesure où ces résultats pouvaient être transposés à la physiologie humaine, ces découvertes ouvraient la porte à des perspectives thérapeutiques pour les femmes souffrant de ménopause précoce. Une étude de confirmation récemment effectuée n’a malheureusement pas permis de concrétiser ces espoirs.
Les chercheurs ont pourtant utilisé plusieurs modèles d’étude. Dans un premier temps, ils se servis de couples de souris parabiotiques (réunies chirurgicalement et partageant la même circulation sanguine). Chaque couple réunissait une souris normale et une souris transgénique dont les cellules exprimaient un marqueur fluorescent. Si le sang périphérique fournissait des cellules susceptibles de conduire à la production d’ovocytes, un mélange de cellules non marquées et marquées aurait du être retrouvé dans les ovaires de chacune des souris. Or après plus de 6 mois de parabiose avec administration d’un traitement inducteur de superovulation, 100% des ovocytes recueillis chez les souris transgéniques étaient marqués, alors qu’aucun de ceux recueillis chez les souris normales ne l’était. Cette expérience a été renouvelé avec une parabiose comprenant une souris préalablement traitée avec un agent ovotoxique, afin d’évaluer si la désertification ovarienne pouvait induire la différenciation de cellules progénitrices en gamètes. Mais là encore, aucun résultat positif n’a pu être noté.
Les chercheurs ont alors changé de modèle et testé l’effet d’une transplantation de cellules de la moelle osseuses de souris fertiles chez des souris rendus stériles par chimiothérapie ou radiothérapie. Malheureusement, aucune régénération du pool d’ovocytes présents dans les ovaires des souris traitées n’a pu être mis en évidence.
L’ensemble de ces résultats jette un doute sur la validité des travaux précédemment publiés et tend à démontrer que la transfusion sanguine ou la greffe de moelle ne permettraient pas de traiter les cas de stérilité liés à l’épuisement de la réserve ovarienne.
Nature – édition en ligne – 06/2006
