Le mésothéliome est une affection maligne de la plèvre se caractérisant par un pronostic très sombre (médiane de survie 5ans). L'intérêt d'un marqueur biologique utilisé à des fins de dépistage dans une population à risque apparaît donc évident.
L'ostéopontine est une glycoprotéine dont le rôle physiologique est d'inhiber la minéralisation osseuse. Elle est néanmoins retrouvée dans de nombreux tissus, et serait augmentée dans certaines pathologies tumorales et aurait un rôle pro-inflammatoire. Cette molécule candidate a été dosée lors d'un travail récent chez 3 groupes de sujets : 69 sujets atteints de problèmes non tumoraux après exposition à l'amiante, 76 sujets atteints de mésothéliome après exposition à l'amiante et enfin un groupe témoin de 45 sujets indemnes et non exposés. Les résultats ont montré un taux significativement plus élevé chez les sujets atteints de mésothéliome (133 ng/ml) que dans les 2 autres groupes (30 ng/ml chez les sujets exposés et 20 ng/ml dans le groupe témoin, différence non significative). Ce dosage pourrait donc avoir un intérêt dans le diagnostic positif de la maladie. Mais plus intéressant encore, dans le groupe exposé sans mésothéliome, un gradient de concentration a été observé en fonction de la durée d'exposition et de la nature des lésions observées (moyenne de 43 ng/ml si fibrose, 56 ng/ml en cas de plaques pulmonaires). Une étude statistique a permis de proposer une valeur seuil de 62 ng/ml pour le diagnostic précoce de mésothéliome avec une sensibilité de 84,6% et une spécificité de 88,4%. Si ces chiffres sont confirmés par d'autres études, le dosage de l'ostéopontine pourrait donc permettre aux sujets à risque de bénéficier d'un suivi biologique et d'un dépistage précoce améliorant grandement leurs chances de survie en cas de survenue d'un mésothéliome.
