Il est admis que l'utilisation de l'hemoccult dans des campagnes de dépistage du cancer colo-rectal (CCR) réduit significativement la mortalité associée à cette affection. Cependant, ce test manque à la fois de sensibilité et de spécificité, ce qui occasionne pour cette dernière caractéristique de nombreuses coloscopies inutiles. Une équipe américaine a donc mené une étude portant sur 800 personnes ayant eu un résultat positif avec Hemoccult en y adjoignant un second test de recherche de sang dans les selles. Ils ont choisi pour cela un test immunochimique plus performant, et ont testé 2 nouveaux échantillons de selles afin de ne pas obérer la sensibilité du dépistage chez les sujets concernés. Les résultats ont été les suivants : 22% des sujets étaient N/N (négatifs pour les 2 nouveaux échantillons), 16% N/P (discordants) et 62% P/P. Les résultats des coloscopies ont montré que les sujets N/N et N/P avaient un risque équivalent de CCR (< 1%) alors qu'il était significativement plus élevé (8%) chez les patients P/P (risque relatif de 7,87 pour les P/P par rapport aux 2 sujets des autres groupes). Compte tenu de ces résultats et des coûts respectifs des tests biochimiques et des coloscopies, un affinage du dépistage biochimique permettrait sans doute de réaliser d'importantes économies sans nuire à l'efficacité du dépistage du CCR.
