Les marqueurs biologiques d'évolution de la maladie sont très importants dans la cirrhose du foie. Ils jouent un rôle pronostique mais aussi dans les choix thérapeutiques, en particulier chez les patients en attente de greffe. L'hyponatrémie, fréquemment retrouvée chez ces patients (en particulier du fait d'un syndrome hépato-rénal, avait été probablement sous-estimée jusqu'à présent. Un travail récent mené par une équipe américaine sur 753 patients inscrits sur liste de greffe a démontré que la natrémie avait une valeur prédictive forte de mortalité, indépendamment des autres facteurs de risque. L'augmentation du risque était pratiquement linéaire entre 135 et 120 mmol/l avec un sur-risque de 17% par rapport au score de MELD par baisse d'1 mmol/l. En particulier une hyponatrémie < 130 augmentait considérablement le risque de mortalité (d'un facteur de 7 à 24 quel que soit le score de MELD). Les auteurs ont ainsi pu modélisé un score de MELD amélioré intégrant la natrémie et permettant une attribution plus pertinente des greffons en fonction de l'urgence vitale.
Par ailleurs, l'hyponatrémie pourrait être un marqueur plus précoce du syndrome hépato-rénal que la créatininémie. En outre l'évolution à la baisse de celle-ci au cours de la maladie semble être un facteur permettant d'anticiper sur une aggravation clinique prochaine. Pour toutes ces raisons, les auteurs préconisent d'accorder une grande importance à cet examen peu coûteux et de réalisation aisée dans le cadre du suivi biologique des hépatopathies chroniques avancées.
