Le dépistage du carcinome colo-rectal est entré dans une phase active en France puisqu’il est effectif dans 22 départements. Il repose sur l’utilisation de l’HEMOCCULT en première intention, avec coloscopie en cas de positivité. Ce test colorimétrique (test au gaïac) présente toutefois l’inconvénient d’être peu sensible (50%). Une alternative a donc été proposée en utilisant un test immuno-chimique (Immudia/RPHA) connu pour sa bien meilleure sensibilité (+ 50% de gain pour les cancers et + 256% pour les adénomes à haut risque). Néanmoins, l’inconvénient de son utilisation était une perte de spécificité conduisant à la réalisation de coloscopies inutiles. Une équipe française a donc amélioré le protocole de dépistage par 2 moyens : utilisation d’une lecture automatisée (Magstream 1000), supprimant la subjectivité de la lecture visuelle et donnant un résultat quantitatif et ajustement de la valeur déclenchant une coloscopie (de 20 à 75 ng/ml d’Hb). Le gain de sensibilité par rapport au dépistage traditionnel était toujours important (90%) et la spécificité redevenait acceptable. De plus, contrairement au test colorimétrique, le test au gaïac est peu sensible aux diverses interférences analytiques et permet d’éviter les restrictions diététiques et médicamenteuses. Enfin le dépistage est particulièrement amélioré pour ce qui concerne les adénomes à haut risque et les formes débutantes ce qui augmente les chances de survie. L’ensemble de ces arguments devrait entraîner une révision de la politique de dépistage avec remplacement du test colorimétrique par le test immunochimique.