La fréquence de cette affection gynécologique est considérable : 75% des femmes auront au moins un épisode de CVV dans leur vie. 10 à 20% sont porteuses asymptomatiques, 10 à 20% ont des formes compliquées et 5% des formes récidivantes. En cas de colonisation simple, on observe peu de Candida albicans sous leur forme végétative et beaucoup de blastospores, ce qui peut expliquer leur détection aléatoire en culture. Par ailleurs, l’importance de la contamination n’est pas étroitement corrélée à l’intensité des symptômes. Contrairement aux formes orales, la fréquence de CVV n’est pas augmentée chez les femmes séropositives.

Localement, les facteurs de protection sont immunitaires (cellules de Langerhans et lymphocytes T), microbiologiques (phénomènes d’équilibre et de compétition avec la flore vaginale habituelle) et hormonaux. Une hyperoestrogénie relative est en effet un facteur favorisant de CVV (diminution de la réponse immunitaire et du chimiotactisme des macrophages). Enfin, bien que la physiopathologie soit incomprise, un niveau de stress élevé est retrouvé chez 85% des femmes présentant des CVV récidivantes.

Le principal problème pratique réside dans l’apparition de souches résistantes aux traitements classiques avec des rechutes précoces fréquentes. Plusieurs études ont comparé divers schémas thérapeutiques à base de fluconazole. Il apparaît que dans les formes récidivantes, un traitement d’entretien de 150 mg de fluconazole hebdomadaire pendant 6 mois permet d’allonger le délai moyen de récurrence par rapport au placebo (10,2 mois vs 4 mois). Dans les formes sévères, le traitement double-dose (150 mg 2 fois à 3 jours d’intervalle vs prise unique) augmente sensiblement le taux de guérison mais ne diminue pas le taux ni le délai de récurrence.

 

Stary. A. Comm. 15ème congrès de l’European Academy of Dermatology and Venerology. Octobre 2006