De nombreux types de régimes alimentaires ont été proposés pour perdre du poids ou éviter d’en prendre : pauvres en graisses pour certains, pauvres en glucides pour d’autres ou encore riches en protéines. Pourtant et en dépit de ces propositions de plus en plus insistantes, l’obésité mondiale ne cesse de progresser.
Des essais randomisés ont suggéré que les régimes pauvres en glucides font mieux sur la perte de poids que les régimes pauvres en graisses, mais leur méthodologie limite la portée des conclusions. En revanche, le rôle de la qualité et des sources des hydrates de carbone semble manifeste. Des apports importants de céréales complètes et de fibres seraient associés à une réduction du poids, alors que les céréales raffinées le seraient à une prise de poids
Une étude originale et de grande ampleur  apporte un nouvel éclairage sur ce sujet. Les auteurs ont étudié rétrospectivement les changements dans les quantités et qualités des hydrates de carbone consommés et les ont mis en parallèle avec les variations, au fil des années, du poids de participants à 3 cohortes de femmes et d’hommes (n = 136 000), âgés de moins de 65 ans à l’inclusion, suivis pendant 24 ans. L’hypothèse de départ était que les conséquences des apports de glucides sur la prise de poids au fil du temps dépendent de leur qualité et de leur source.
Pendant les 24 ans du suivi, le poids des participants à l’étude et les modifications dans les apports en glucides étaient notés tous les 4 ans. L’analyse des relevés révèle une augmentation moyenne du poids de 1,5 kg tous les 4 ans, se concluant par une prise de 8,8 kg en moyenne sur la durée du suivi. 
Il faut aller plus loin dans l'analyse des données. Une augmentation modérée de l’index glycémique et de la charge glycémique, dans une alimentation riche en amidon, sucres ajoutés, céréales raffinées et légumes féculents (comme les pois, maïs ou pommes de terre), est associée à une prise de poids progressive plus importante. Cette association est plus marquée chez les personnes en surpoids ou en situation d’obésité au début de la période d’observation. Au contraire, les personnes consommant plus de fibres, de glucides naturels, de céréales complètes, de fruits et de légumes sans amidon prennent moins de poids au cours du temps.
Les différences observées entre les diverses formes de glucides ne sont pas négligeables. Ainsi par exemple, pour les personnes qui augmentent de 100 g/j leur consommation d’aliments riches en amidon ou en sucres ajoutés, la prise de poids supplémentaire sur 4 ans est de 1,5 kg ou 0,9 kg respectivement. En revanche, pour les participants qui augmentent leur consommation de fibres de 10 g/jour, la prise de poids sera plus faible, inférieure de 0,8 kg. Ou encore, une augmentation de la consommation de légumes féculents de 100 g /j, est associée à une prise de poids supérieure de 2,6 kg en 4 ans.
Ces données confirment les observations faites au fil des années et dans différentes cultures, suggérant que la consommation de céréales raffinées et de sucres ajoutés contribue de façon importante à la prise de poids. Elles illustrent le fait que la source des glucides alimentaires et leur qualité doit être prise en compte, au moins autant, et peut-être plus, que leur quantité.


RÉF : Wan Y, et al. Association between changes in carbohydrate intake and long term weight changes: prospective cohort study. BMJ. 2023 Sep 27;382:e073939. doi: 10.1136/bmj-2022-073939.