Alors que la campagne de vaccination contre le papillomavirus (HPV) de tous les élèves de 5ème – filles et garçons - est en cours d’organisation dans les collèges, des données récentes sont venues conforter cette décision en montrant l’importance de la prévalence de cette infection chez les jeunes hommes et adolescents. 
Ainsi, des auteurs internationaux ont réalisé une méta-analyse qui a porté sur un total de 65 études ayant été réalisées dans 35 pays. Les résultats, publiés dans The Lancet, ont montré que la prévalence du HPV a été estimée à 31% des hommes de plus de 15 ans pour l’ensemble des HPV, et à 21% pour les HPV oncogènes.  Le HPV-16 était le génotype le plus répandu (5%,), suivi du HPV-6 (4%). 
Les jeunes adultes âgés de 25 à 29 ans étaient les plus concernés (35%). Ces résultats suggèrents que les hommes sexuellement actifs, quel que soit leur âge, constituent un réservoir important de HPV génital, et devraient donc être systématiquement inclus dans les campagnes de prévention. Ces mesures soulignent l’importance d’inclure les hommes dans les stratégies de prévention globale du HPV visant à réduire la morbidité et la mortalité liées au HPV chez les hommes et, à terme, à éliminer le cancer du col de l'utérus et d'autres maladies liées au HPV. 
Selon le Centre international de recherche sur le cancer,  on estime à environ 69 400 le nombre de cas de cancer causés par le HPV chez les hommes en 2018 avec des localisations anales, génitales et oro-pharyngées. La problématique de l'HPV doit donc être considérée comme universelle et non spécifiquement orientée sur la prévention et le dépistage du cancer du col de l'utérus.
 
REF : Lancet Glob Health 2023; 11: e1345–62