Les troubles du métabolisme lipidique sont fréquents chez les patients atteints de psoriasis et ils peuvent contribuer à l’augmentation de la morbidité et la mortalité cardiovasculaire observée au cours de cette maladie. Un dépistage des dyslipidémies est recommandé en cas de psoriasis modéré à sévère. L’hypothèse a par ailleurs été émise que certains médicaments tels que les statines et les inhibiteurs de PCSK9 (proprotein convertase subtilisin/kexin type 9) pourraient avoir un effet sur l’évolution de la maladie dermatologique. La pathogenèse du psoriasis n’est pas complètement élucidée et il peut être intéressant de déterminer l’implication éventuelle du métabolisme des lipides.  

Afin d’examiner la possibilité d’une association entre risque de psoriasis et dyslipidémie une vase étude a été entreprise incluant 6 495 patients souffrant de psoriasis et 25 980 témoins choisis au hasard dans la UK Biobank ainsi que celles de la FinnGen study sur 5 261 patients atteints de psoriasis et 252 323 témoins.

En ce qui concerne les associations génétiques avec les taux de LDL, les données ont été reprises de la plus grande GWAS connue dans ce domaine puisqu’elle a concerné 1,3 millions d’individus avec des ancêtres européens. Parmi les gènes examinés on trouvait le PCSK9.

L’inhibition de PCSK9 est apparue associée à une diminution du risque de psoriasis avec en parallèle réduction d’une déviation standard du taux de LDLà la fois dans la GWAS de la biobank et dans l’étude finnoise. Il n’a cependant pas été retrouvé d’association avec l’inhibition d’autres gènes ciblés par les statines (HMGCR ou NPC1L1).

Ainsi cette étude suggère-t-elle que PCSK9 est impliqué dans la pathogénèse du psoriasis. Ces données pourraient inciter à faire le choix de l’approche inhibant cette protéine chez les patients souffrant d’un psoriasis sévère ou d’une hyperlipidémie associée à un psoriasis.

RÉF : Zhao SS et coll. : Association of Lipid-Lowering Drugs With Risk of Psoriasis: A Mendelian Randomization Study. JAMA Dermatol., 2023; 159(3):275-280.
doi: 10.1001/jamadermatol.2022.6051.