Le test HPV est maintenant entré dans les moeurs dans le cadre du dépistage du cancer du col utérin. Il soulève cependant de nombreuses questions, en particulier en cas de positivité. Pour les biologistes qui doivent parfois assurer une prestation de conseil lors du rendu de résultats, les réponses de gynécologues spécialistes pourraient être utiles pour informer sans affoler pour autant.
Florilège des questions les plus fréquentes et des réponses proposées :
- Le dépistage HPV concerne-t-il toutes les femmes : Oui de 30 à 65 à partir du moment où elles ont eu des relations sexuelles
- Y-a-t-il un dépistage avant 30 ans : oui avec une première phase de dépistage par un frottis “à l’ancienne“ jusqu’à cet âge tous les 3 ans après 18 ans.
- Les femmes homosexuelles sont-elles concernées : Oui. Une idée reçue veut que ce soit l’homme qui transmette le virus. Or, 20 % des femmes homosexuelles rencontrent les virus HPV (30 % en cas de bisexualité) par contact et par les mains. Comme elles participent encore moins au dépistage du cancer du col, elles présentent plus de lésions avancées et décèdent davantage.
- Pourquoi la positivité du test HPV est-elle moins inquiétante que celle du frottis? Avec le test HPV, on cherche la cause d’une anomalie à venir : on dépiste un risque de lésion, à la différence du frottis où l’on voit les lésions… Si un test HPV est positif, on ne voit pas de lésions sur le frottis réalisé à la suite (sur le même prélèvement) puis à la colposcopie dans 65 % des cas, on trouve des lésions mineures dans 25 % des cas et des lésions de haut grade dans seulement 10 % des cas.
- Peut-on être positive sans sexualité active : Oui, il convient d’expliquer la très grande latence de l’infection à HPV : pratiquement toutes les femmes ayant eu une vie sexuelle ont été en contact avec les HPV. Il ne faut pas arrêtre le dépistage car l’âge moyen des femmes au diagnostic de cancer est de 51 ans et le nombre de cas découverts après 60 ans reste notable. Après 65 ans en revanche, le risque de développer une lésion est infime quand le test est négatif à cet âge, femme et médecin peuvent être alors rassurés.
- En cas de positivité "simple", sans lésion cytologique, faut-il s'inquiéter? Non, c'est très banal puisque 5 % des femmes ont une infection persistante et les lésions n’apparaissent qu’au moins 5 ans après, les cancers encore au moins 5 ans après. On a donc largement le temps d'intervenir pour traiter d'éventuelles lésions qui apparaitraient plus tard.
- Faut-il prévenir le partenaire? Ca n'est pas très utile dans la mesure où, quand le test revient positif, les HPV ont largement eu le temps d’essaimer de l’un à l’autre avant de se fixer sur le col. Il n’y pas d’indication à une quelconque prise en charge du partenaire et on peut même trouver des souches virales chez les 2 partenaires, qui sont les conséquences de leur vie sexuelle passée. Le partenaire ne tirant aucun bénéfice de la connaissance du statut HPV, puisqu’il n’existe aucune stratégie de prévention, aucun traitement, le prévenir est source d’ennuis uniquement.
- Y-a-t-il des mesures à prendre pour éviter le développement de lésions (hors surveillance et traitement chrirurgical des lésions) : On peut essayer de limiter les facteurs de risques associés favorisant la persistance de l’infection et le développement de lésions : le tabac, un traitement immunosuppresseur, l’immunité qui décroît avec l’âge et facilite l’expression virale. Enfin, la flore vaginale peut être rééquilibrée par une cure de Lactobacilles, crispatus ou rhamnosus, pendant 3 à 6 mois qui facilitent la clarance des HPV, particulièrement en cas de vaginose bactérienne.
Egora.fr : D’après une conférence de presse de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale, dans le cadre de son 46è Congrès national (12 janvier 2023).
