La Haute Autorité de Santé (HAS) a actualisé le 14 mars ses préconisations concernant la prise en charge des dysthyroïdies, en particulier chez les personnes âgées de plus de 65 ans et les femmes enceintes ou désirant l’être, en décrivant les examens biologiques à réaliser à chaque étape et les stratégies thérapeutiques à mettre en place pour un suivi adapté. S'il n'y a pas de révolution par rapport aux pratiques actuelles, quelques points méritent néanmoins d'être soulignés.
- Déclenchement d'examens "en cascade" : En premier lieu, le dosage de la TSH reste l'examen pivot. Si le résultat est anormal, le biologiste enclenche alors les dosages complémentaires. Dans le cas de suspicion d’une hypothyroïdie c'est la T4L qui est dosée pour distinguer une hypothyroïdie avérée d’une hypothyroïdie fruste. Idem en cas de suspicion d'hyperthyroïdie. Par la suite, ce sont les auto-Ac qui seront recherchés pour le diagnostic étiologique (Ac anti-TPO pour la thyroïdite de Hashimoto, Ac anti-récepteur de la TSH pour la maladie de Basedow...). La conduite à tenir dépend également de l'importance de l'anomalie (contrôle à distance en cas de TSH < 10 ou déclenchement immédiat d'examens complémentaires si > 10). Les dosages de T3L ou anti-TG interviennent en cas de dosage de T4L ou anti-TPO non contributifs
- Adaptation des valeurs de référence à l'âge : Par exemple 6mUI/L entre 60 et 69 ans, 7mUI/L entre 70 et 79 ans, 8mUI/L entre 80 et 89 ans, afin de distinguer ce qui relève d’un processus normal de vieillissement d’une pathologie de la thyroïde.
- Dépistage ciblé en cas de grossesse ou de désir d'enfant, parcours AMP : Il faut doser la TSH en période pré-conceptionnelle ou en début de grossesse chez les femmes ayant des risques accrus de développer une hypothyroïdie (antécédants familiaux de dysthyroïdies, maladies auto-immune…), ou rencontrant des difficultés de procréation (infertilité, fausses couches…) ou encore en parcours PMA. La grossesse entrainant d’importantes variations physiologiques de la fonction thyroïdienne, les valeurs de référence doivent là encore être adaptés.
Les limites de l'exercice sont la possibilité pour le biologiste et le clinicien d'adapter ces stratégies à leurs propres obligations (sérum disponible, allongement du délai de rendu de résultat, possibilité de facturer des examens complémentaires, explication aux patients de la stratégie en plusieurs temps...)
Ref : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3216305/fr/prise-en-charge-des-dysthyroidies-chez-l-adulte#toc_1_3
