La prévalence et l’incidence du diabète de type 2 sont en constante augmentation dans la plupart des pays du monde, y compris ceux à revenu intermédiaire ou faible. La metformine qui est l’antidiabétique oral de première génération par excellence reste largement utilisée dans le traitement de première intention du diabète de type 2.
Son efficacité éprouvée se double d’une acceptabilité considérée comme satisfaisante, en dépit de troubles digestifs, notamment de manifestations diarrhéiques qui peuvent devenir préoccupantes. Un autre évènement indésirable souvent méconnu mais identifié dès 1969 est un risque de carence en vitamine B12, liée à un syndrome de malabsorption dont les mécanismes restent imparfaitement cernés. Sa prévalence est mal connue, mais selon certaines études, elle oscillerait entre 5,8 % et 30 %, en fonction des critères adoptés pour la définir.
Pour préciser cette prévalence, une étude pakistanaise transversale du type cas-témoins a été menée, entre février 2021 et décembre 2021, sur 100 patients atteints d’un diabète de type 2 et 100 témoins, appariés selon l’âge et le sexe. Tous les patients diabétiques recevaient une monothérapie par la metformine à doses thérapeutiques depuis au moins 6 mois. La comparaison intergroupe des taux de vitamine B12 a révélé qu’ils étaient significativement plus bas dans le groupe des diabétiques, soit 189,25 ± 31,22 versus 301,71 ± 72,12 ng/l (p < 0,0001).
En toute logique la prévalence de l’hypovitaminose B12 authentique était aussi nettement plus élevée dans le groupe des diabétiques traités. Par ailleurs, les taux sériques de vitamine B12 se sont avérés d’autant plus bas que le traitement avait tendance à se prolonger..
Cette petite étude cas-témoins est l’occasion de rappeler qu’au cours du diabète de type 2, l’exposition prolongée à la metformine favorise la survenue d’un déficit en vitamine B12. Une surveillance biologique régulière s’impose afin de déceler le plus précocement possible cette dernière de manière à éviter la survenue de complications neurologiques ou l’installation insidieuse d’une anémie macrocytaire. Des précautions d’autant plus justifiées que le diabète lui-même peut se compliquer d’une neuropathie périphérique. Une supplémentation vitaminique guidée par la surveillance biologique devrait permettre de couper court à ces complications alors que les mécanismes de la malabsorption intestinale induite par la metformine restent mal compris.

Ref : Baig FA et coll. : Frequency of Vitamin B12 Deficiency in Type 2 Diabetic Patients Taking Metformin. Cureus. 2022 ; 14(3): e22924.doi: 10.7759/cureus.22924.