Dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus, c’est la détection des papillomavirus (HPV) qui est recommandée en première intention chez les femmes de 30 à 65 ans dans de nombreux pays occidentaux  (depuis 2020 en France). 
Néanmoins, cette stratégie de détection qui entre en concurrence avec la cytologie qui a longtemps été la modalité unique de dépistage méritait d’être évaluée dans le monde réel et c’est là l’objectif d’une étude danoise pilote.
Entre mai 2017 et octobre 2018, au sein de l’hôpital de Vejl, le dépistage du cancer du col de l’utérus s’est effectué selon deux protocoles utilisés par des groupes parallèles : (1) détection primaire des HPV 16/18 ou d’autres HPV à haut risque (n = 16 067) ; (2) cytologie en première intention (n = 23 981). La stratégie diagnostique était identique à celle pratiquée en France, à savoir : Dans le groupe HPV, la mise en évidence des virus HPV 16/18 ou des autres virus à haut risque et une cytologie anormale ont 
débouché sur une colposcopie immédiate. La détection de virus à haut risque autres que HPV16/18, associée à une cytologie normale a conduit à répéter le test HPV et la cytologie 12 mois plus tard. Un registre anatomopathologique national a permis de recueillir toutes les informations inhérentes à ce dépistage ainsi que les diagnostics histopathologiques posés dans les 3 années qui ont suivi le bilan initial.
Dans le groupe HPV, une colposcopie immédiate a été réalisée chez 3,7 % des participantes et un nouveau bilan pratiqué 12 mois plus tard dans 2,8 % des cas. Le recours à la colposcopie a été globalement plus fréquent dans le groupe HPV, soit 6,6 % versus 2,1 % dans l’autre groupe : elle a été un peu plus de trois fois plus souvent pratiquée. La "bonne nouvelle" c'est que le taux de détection de lésions cervicales du type CIN3+ a été bien plus élevé dans le groupe HPV (1,5 %) que dans l’autre groupe (0,8 %). La sensibilité est donc bien meilleure avec le dépistage HPV, même si la spécificité est logiquement inférieure : La probabilité de découvrir un CIN3+ à la colposcopie dans le groupe HPV est de 21% contre 34% en cas de cytologie positive en première intention.
Cette étude de cohorte menée dans le monde réel au sein d’un effectif conséquent montre que le dépistage reposant sur le test HPV en première intention permet de quasiment doubler le taux de détection des lésions cervicales de haut grade du type CIN3+ comparativement à la cytologie isolée. Le prix à payer pour cette performance, c’est trois plus de colposcopies dont toutes ne sont pas forcément nécessaires. Cette étude plaide résolument en faveur la méthode la plus sensible dans ce dépistage, 
même si l'amélioration de certains algorithmes afin de diminuer le nombre des colposcopies inutiles peut être envisagée.
Ref : Thomsen LT et coll. : Benefits and potential harms of human papillomavirus (HPV)-based cervical cancer screening: A real-world comparison of HPV testing versus cytology. Acta Obstet Gynecol Scand. 2021;100(3):394-402. doi: 10.1111/aogs.14121.