Bien que cet examen soit très demandé en pratique, on dispose paradoxalement de peu d’informations sur l’association entre le profil lipidique (EAL) et la survenue d’événements cardiovasculaires chez les sujets jeunes de moins de 50 ans.
C’est ce qui a conduit des chercheurs à entreprendre une étude à partir des dossiers cliniques de 1 451 997 jeunes adultes (âgés de 20 à 49 ans ; âge moyen : 39,0 ± 7,4 ans ; hommes : 58,5 %) indemnes de tout antécédent d’affection cardiovasculaire, de traitement hypolipémiant et issus d’une base nationale de données épidémiologiques, au Japon (Japan Medical Data Center).
Au cours d’un suivi moyen de plus de 3 ans (1 148 ± 893 jours), 1 638 (0,1 %) de ces personnes ont été victimes d’un infarctus du myocarde, 15 887 (1,1 %) d’un angor, 5 593 (0,4 %) d’un accident vasculaire cérébral (AVC) et 14 351 (1,0 %) d’une insuffisance cardiaque.Les analyses statistiques réalisées à partir d’une base des données personnelles des participants (indice de masse corporelle, circonférence des hanches, éventuelle présence d’un tabagisme, d’une hypertension artérielle et d’un diabète) et de ces résultats ont montré que des taux de LDL-C (Low Density Lipoprotein cholesterol) ≥ 1,40 g/l, des taux de HDL-C (High Density Lipoprotein cholesterol) < 0,40 g/l et des taux de triglycérides ≥ 1,50 g/l étaient associés, de façon indépendante, à la survenue d’un infarctus du myocarde, d’un angor ou d’une insuffisance cardiaque. En revanche, il n’y avait pas d’association avec la survenue d’un AVC.
Ces tendances étaient déjà connues mais cette étude a le mérite de les confirmer. L’analyse complète des données informatiques épidémiologiques recueillies à l’échelon national dans cette étude, montre qu’il existe une intime corrélation entre le profil lipidique et la morbidité cardiovasculaires.
Elle souligne ainsi l’importance de réaliser un bilan lipidique chez des sujets "jeunes" afin d'évaluer le risque cardio-vasculaire. Il est crucial de prendre des mesures hygiéno-diététiques précoces en cas d'anomalies ou de maintenir, chez ces sujets jeunes, un profil lipidique optimal afin de prévenir l’apparition d’une affection cardiovasculaire.
RÉF : Kaneko H et coll. : Lipid Profile and Subsequent Cardiovascular Disease among Young Adults Aged < 50 Years. Am J Cardiol., 2021 ; 142 : 59-65.
