La pandémie de Covid-19 due au coronavirus SARS-CoV-2 se caractérise par une évolution en deux temps caractérisée par une phase initiale surtout marquée par la réplication virale et suivie d'une deuxième phase où la réaction inflammatoire peut être exacerbée et responsable d'un syndrome de détresse respiratoire. Le développement de vaccins moins d'un an après le début de la pandémie plusieurs campagnes de vaccination utilisant en particulier des vaccins issus des nouvelles biotechnologies (ayant recours à l’ARN messager ou à certains vecteurs viraux) pose la question de la durée de la réponse immunitaire. 
Les anticorps développés chez les patients infectés par le SARS-CoV-2 ont pour cibles principales la protéine spike du virus et les protéines de sa nucléocapside (NCP) ; ils apparaissent dès le 6e jour après la confirmation du diagnostic par PCR et ceux qui reconnaissent, sur la protéine spike, le domaine de liaison au récepteur cellulaire (RBD) sont neutralisants.Toutefois la constatation de la nette diminution chez certains patients des IgG anti-SARS-CoV-2 dès le 20e jour après le diagnostic a pu faire craindre une immunité humorale de faible durée.
Pour évaluer la réalité d'une réponse protectrice à long terme, des chercheurs se sont interessés aux lymphocytes T et B mémoire qui en sont le support.
Pour cela ils ont fait appel à une technologie très spécifique utilisant des tétramères recombinants des fragments RBD et NCP de SARS-CoV-2 marqués par fluorescence.
Ces cellules ont été retrouvées dans 36 échantillons provenant de 25 patients atteints de Covid-19 soit pendant la phase aiguë soit lors de la convalescence et persistent pendant au moins 242 jours ; leur présence était corrélée à celle des lymphocytes T circulants témoins d'une persistance d'activité au niveau des ganglions lymphatiques. Les cellules Bm IgM+ ont prédominé pendant les 20 premiers jours tandis que les cellules Bm IgG1+ augmentaient graduellement à partir du 26e jour. 
Les valeurs les plus hautes des cellules RBD-Bm et NCP -Bm spécifiques IgG1+ ont été observées au moins après 26 jours d'évolution. Globalement, les cellules Bm spécifiques atteignaient leur valeur maximale entre 100 à 150 J après le début des symptômes et ne diminuaient pas jusqu'au 240e J. 
Chez les patients ayant présenté une forme sévère de Covid-19, le nombre des cellules RBD -Bm et NCP-Bm avait tendance à être inférieur à celui observé chez les autres patients. Enfin, le nombre des cellules RBD-Bm spécifiques IgG+ était corrélé à celui des sous-populations de lymphocytes T : CD4+FH, CD4+FR et CD8+FH

Cette corrélation et le fait que les cellules RBD-Bm spécifiques IgG+ exprimaient presque toutes le marqueur CD27 sont en faveur de l'existence d'une réponse immune de longue durée. A noter qu'une étude récente (en attente de publication) a montré également la présence de ces cellules lymphocytaires mémoires sur au moins 6 mois. (Dan JM BioRxiv 2020.2011.2015.383333).

Ainsi, si la recherche des anticorps anti-SARS-CoV-2 peut se négativer rapidement après infection par la Covid-19, cette étude montre la présence de lymphocytes B mémoires circulants détectés au moins pendant 8 mois après le début des symptômes. 
La recherche de ces cellules B mémoires par cytométrie en flux pourrait permettre la détection d'une réponse immune de type mémoire, de longue durée, qu'elle ait été acquise après infection naturelle ou après vaccination. Elle pourrait dans le futur être effectuée au sein de protocoles permettant d'en préciser la pertinence clinique, en particulier si l'évolution des Ac ne permettait pas d'être un reflet fidèle de l'efficacité vaccinale.

Ref : Hartley GE et coll. : Rapid generation of durable B cell memory to SARS-CoV-2 spike and nucleocapsid proteins in COVID-19 and convalescence. Science Immunology 2020:
5 :eabf8891 DOI: 10.1126/sciimmunol.abf8891