Dans le contexte actuel de complications liées à la Covid, les mécanismes de la réponse inflammatoire sont de nouveau questionnés de façon active.
L'une de ces modalités, l'inflammation de type 2 peut, dans certaines situations, s'emballer et entraîner une hyperactivité anormale du système immunitaire. Contrairement à l'inflammation de type 1 médiée par les lymphocytes TH1 qui secrètent de l'IL2 et de l'IFN gamma, elle dépend principalement des cellules TH2 qui sécrètent principalement les cytokines IL-4, IL-5 et IL-13, et stimulent l'immunité de type 2, caractérisée par des titres d'IgE élevés et une hyperéosinophilie. Les réponses immunitaires de type 2 sont induites par certains parasites (helminthes) et sont associées à des maladies atopiques, telles que l'allergie et l'asthme. En plus des cellules TH2, les réponses immunitaires des voies aériennes de type 2 sont également médiées par les éosinophiles, les mastocytes, les basophiles, les cellules lymphoïdes innées du groupe 2 (ILC2) et les cellules B productrices d'IgE.

Les perturbations de cette réponse inflammatoire entraînent des lésions tissulaires et peuvent être à l'origine de diverses pathologies fréquentes à travers le monde.

Ce déséquilibre de la réponse inflammatoire de type 2 est causé par un ensemble de facteurs environnementaux (allergènes, pollution, stress) et génétiques, ce qui peut expliquer le caractère familial des maladies liées à cette réponse immunitaire. S'ensuit une suractivation d'acteurs inflammatoires clés, comme les cellules immunitaires (basophiles, Th2, ILC2, etc.) ou des protéines de signalisation et des médiateurs immunitaires (IL-4, etc.).


Ce mécanisme de suractivation entre en jeu dans la dermatite atopique et l'asthme (50 à 70% des cas), mais aussi dans d'autres pathologies de symptomatologie variée : polypose nasale, œsophagite à éosinophiles, allergies environnementales (rhinite allergique) ou alimentaires et maladies respiratoires exacerbées par l'aspirine. Du fait de cette base commune, plusieurs de ces maladies peuvent coexister. Ainsi une personne qui a une dermatite atopique présente un risque accru de développer de l'asthme comparé à une personne qui n'a pas de dermatite atopique.
Du fait de symptômes parfois invalidants, les répercussions s'observent dans divers domaines : troubles du sommeil, absentéisme à l'école ou au travail, diminution de l'activité quotidienne, troubles de l'humeur (anxiété), voire dépression… Par ailleurs, ces maladies sont difficiles à contrôler, et les symptômes peuvent s'aggraver de manière imprévisible.

Il est important de connaître cette inflammation de type 2 pour comprendre pourquoi ces maladies peuvent coexister et le rôle de cette réaction immunitaire excessive dans leur développement. Un meilleur contrôle de ces mécanismes permettrait en pratique de réduire la fréquence et la gravité des crises d'asthme et le recours à la corticothérapie orale. 

D'après un événement Sanofi/Genzyme du 28 octobre 2020