L’étude de cohorte prospective de S Sapuan et coll. a eu deux objectifs principaux : préciser les particularités cliniques et le pronostic de la listériose néonatale (LNN) ; identifier les facteurs de risque maternels afin d’améliorer la situation actuelle. Les cas de LNN ont été recueillis prospectivement, entre 2004 et 2014, à partir du réseau britannique dit neonIN (neonatal infection surveillance network). Les unités néonatales participantes ont rempli un formulaire propre à l’étude, du type Pro forma.
L’incidence de la LNN a été estimée à 3,4 pour 100 000 naissances vivantes. Sur les 21 cas identifiés, 19 ont été confirmés à un âge gestationnel médian de 33 semaines, la valeur médiane du poids de naissance étant de 1 960 g. Dans la majorité des cas (18/19, 95 %) : (1) les signes cliniques étaient manifestes et cela dans les 24 heures ayant suivi l’accouchement (18/19, 95 %) ; (2) un traitement empirique par la pénicilline avait été instauré (18/19, 94 %). La mortalité néonatale a été estimée à 21 % (24 % si l’on inclut les cas probables). Un bilan avait été effectué chez plus d’une mère sur deux (12/18, 60 %) et le diagnostic de listériose avait été fait (7/12, 58 %), une antibiothérapie avait été instaurée dans 32 % des cas (6/19), mais n’incluant la pénicilline que dans 33 % des cas (6/12).
La LNN est rare, mais la mortalité néonatale reste élevée, en dépit d’un recours rapide et approprié à l’antibiothérapie. Il importe donc d’améliorer la situation en se reportant aux recommandations nationales qui, face à une infection puerpérale, incitent à une antibiothérapie empirique qui doit cibler la listériose (la Listeria présente une resistance naturelle aux céphalosporines). Des stratégies renforcées doivent être mises en place pour prévenir la listériose maternelle dans les populations à haut risque.
