L'âge maternel au premier accouchement ne cesse de s'élever depuis plusieurs années en France et dans le monde. Il est classique de lire que plus l'âge maternel avance, plus les complications de la grossesse, maternelles et fœtales, sont nombreuses et graves. Le seuil serait fixé à 35 ou 40 ans selon les publications.

En s'appuyant sur les données du registre national finlandais des naissances entre 2005 et 2014, les auteurs ont voulu en savoir plus concernant les seuils à partir desquels la grossesse devenait à haut risque.

L’étude concerne les primipares, après exclusion des patientes de moins de 20 ans et les grossesses multiples. La tranche d’âge maternel de 20 à 25 ans est considérée comme étant la moins à risque et constitue donc la valeur de référence pour les comparaisons. Les variables d’ajustement pour la régression logistique sont le profil socio-économique et le lieu de résidence.

Des seuils variables selon les complications…

La proportion de femmes de plus de 35 ans est de 10,6 % sur les 228 348 dossiers inclus. Le risque de césarienne ou d’extraction instrumentale augmente à partir de 25 ans de manière linéaire. L’analyse statistique montre quatre seuils différents selon les complications : 25 ans pour le diabète gestationnel (Odds ratio OR = 1,15, Intervalle de confiance à 95 % IC95 = 1,09-1,23), 27 ans pour le placenta prævia (OR = 1,75, IC95 = 1,11-2,75), 33 ans pour l’hypertension artérielle gravidique (OR = 1,14, IC95 = 1,03-1,27) et 38 ans pour la prééclampsie (OR = 1,48, IC95 = 1,12-1,96). La mortalité maternelle pour 100 000 naissances vivantes est de 3,7 entre 20 et 34 ans, de 8,8 entre 35 et 39 ans, et de 9,3 au-delà de 40 ans, mais les différences ne sont pas significatives.

Concernant le nouveau-né, la fréquence des complications augmente également avec l’âge maternel avec un seuil à 28 ans pour la prématurité, 29 ans pour le retard de croissance intra-utérin, 31 ans pour le score d’Apgar péjoratif et l’hospitalisation en soins intensifs. La fréquence de décès périnatals s’élève significativement à partir de 30 ans.

Cette étude montre donc que les risques augmentent à partir de seuils d’âge maternel différents selon les pathologies, et bien avant les âges traditionnellement retenus, 35 ou 40 ans. On peut se poser quelques questions : Que se passe-t-il pour les mères de moins de 20 ans? Peut-on être certain que l’âge de référence est de 20 à 25 ans? Qu’en est-il des grossesses en cas de malformation congénitale ou chromosomique? Et des autres complications? Et des patientes multipares?

RÉFÉRENCE : Klemetti Ret coll. : At what age does the risk for adverse maternal and infant outcomes increase - nationwide register-based study on first births in Finland in 2005–2014? Acta Obstet Gynecol Scand., 2016 ; publication avancée en ligne le 13 septembre. doi: 10.1111/aogs.13020.