De nombreuses études ont montré que le lavage hygiénique des mains est une mesure très efficace de prévention des infections hospitalières. Mais quel est l’effet de ce lavage sur le microbiome, flore commensale participant à la défense contre les pathogènes? Pour le savoir, l’équipe du Pr Gallo (San Diego) a effectué une série d’expériences chez des sujets sains, en utilisant divers savons du commerce. La toilette avec ces savons a un effet variable sur la quantité de LL-37, principal peptide anti-microbien présent à la surface de la peau. Pour certains savons, elle n’est pas modifiée; pour d’autres, elle est diminuée. Mais même lorsque la quantité de LL-37 est diminuée, il n’y a pas de conséquence sur l’abondance de la flore microbienne cutanée, qui reste inchangée pendant les 24 heures suivant le lavage.
Ainsi, la flore commensale n’est pas modifiée par le lavage des mains. C’est notamment vrai pour Staphylococcus epidermidis, principal composant de la flore commensale et acteur important de la défense contre les pathogènes. Les auteurs montrent également que l’addition d’agents antimicrobiens aux savons utilisés reste efficace pour diminuer la quantité de streptocoques pathogènes expérimentalement amenés sur la peau. On peut donc conclure, du moins pour ce qui concerne le court terme, que la pratique du lavage hygiénique des mains peut toujours être recommandée sans crainte d’altérer le microbiome et son rôle de défense immune. Des études sur le long terme, et aussi des études sur des pratiques de lavage plus agressives, telles que celles des chirurgiens, devraient compléter notre connaissance des interactions entre la peau, ses systèmes de défense, les germes commensaux, les germes pathogènes.
