Révélée par le New Scientist et devant être prochainement confirmée par une publication scientifique lors du congrès de l'Association américaine de médecine reproductive, la naissance d'un premier enfant après don de mitochondries est très commentée aujourd'hui. Elle concerne un couple de Jordaniens, dont la femme est porteuse saine du syndrome de Leigh, maladie neurologique rare liée à des mutations portées par l’ADN mitochondrial, ayant déjà donné naissance à deux petites filles mortes en bas âge. Cette procédure étant interdite aux Etats-Unis, le petit garçon en parfaite santé aujourd'hui est né dans une clinique mexicaine, après une procédure réalisée par l'équipe du Centre de fertilité New Hope de New York. Cette technique consiste à transférer le noyau d'un ovule fécondé dans un autre ovule fécondé mais débarrassé de son noyau, afin d'éviter la transmission d'ADN mitochondrial, méthode résumée de façon lapidaire comme la conception d'un embryon grâce à « trois parents »
Autorisée uniquement en Grande-Bretagne, cette technique, avec une méthode légèrement différente, avait déjà été utilisée au tout début des années 2000 aux Etats-Unis et avait conduit à la naissance de moins d’une vingtaine d’enfants. Les résultats de l’équipe de Jacques Cohen avaient alerté la Food and Drug Administration. Sur un échantillon restreint de douze grossesses, était observé en effet le cas de deux embryons chez lesquels un chromosome X faisait défaut (dont l’un ne survécut pas au-delà de quelques semaines de grossesse). Le développement de tous les autres enfants s’est révélé normal, mais quelques années après sa naissance l’un d’eux a présenté des troubles pouvant s’apparenter à l’autisme. Pour aucune des complications évoquées, le recours au transfert cytoplasmique ne semblait pouvoir être directement mis en cause. Ces données alertèrent cependant la FDA qui décida de l’interdiction de cette méthode. Aujourd’hui, la méthode continue de susciter des réserves importantes chez les spécialistes, notamment en raison de l'incertitude concernant le devenir des enfants
Ref : https://www.newscientist.com/article/2107219
