Une étude française démontre l’inefficacité du test de réactivité plaquettaire (ou monitoring plaquettaire), pour adapter le traitement par antiagrégants plaquettaires chez les patients stentés de plus de 75 ans.

Cette étude, nommée Antartic (Assessment of a Normal versus Tailored dose of prasugrel after stenting in patients Aged > 75 years to Reduce the Composite of bleeding, stent, Thrombosis and Ischemic Complications), dont les résultats viennent d’être présentés au congrès de l’European Society of Cardiology (ESC) qui se déroule actuellement à Rome, montre que chez un patient bénéficiant c’un traitement antiplaquettaire après pose d’un stent coronaire, la réalisation d’un test  biologique de réactivité plaquettaire pour l’ajustement des traitements n’apporte pas de bénéfice en terme d’événements thrombotiques ou hémorragiques. L’analyse des critères cliniques apparait aussi efficace et moins couteuse.

L’étude Antartic, promue par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a inclus au total 877 patients dans 35 centres français. Ils étaient tous âgés de plus de 75 ans et étaient traités par antiplaquettaires à la suite d’un accident coronarien aigu (Prasugrel à la dose de 5 mg). Ils ont été randomisés en 2 groupes : ainsi les patients recevaient soit un traitement antiplaquettaire contrôlé par une mesure de test de fonction plaquettaire (VerifyNow) et ajusté selon les résultats du test (augmentation des doses à 10 mg, passage au clopidogrel, …), soit un traitement unique sans nécessité pour les patients de revenir à l’hôpital pour une telle mesure, modifié uniquement sur critères cliniques. Le critère primaire était composite, associant décès cardiovasculaires, IDM, revascularisations en urgence, thromboses de stent et AVC.

Les résultats mettent en évidence que le traitement médical simple sans mesure biologique supplémentaire est parfaitement efficace. Aucune différence statistique n’a été observée dans l’incidence sur critère primaire à un an, entre les 2 groupes. Mesurer et ajuster les traitements en fonction des tests réalisés, en plus d’être coûteux et complexe, n’apporte donc pas de bénéfice clinique.

Les résultats confirment donc la nécessité d’adapter la prescription de traitement antiplaquettaire à la situation clinique du patient et non à une mesure biologique.

 

Ref : Congrès de l’European society of Cardiology,Rome, 28 aout 2016.The lancet, 28 aout 2016