La maladie cœliaque (MC) est déclenchée par l’ingestion de gluten chez les sujets génétiquement prédisposés du groupe HLA DQ2/8. Ce terrain génétique est partagé avec des maladies auto-immunes (MAI) comme le diabète de type I et certaines maladies thyroïdiennes de même pathogénie. Plusieurs publications ont montré l’augmentation du risque de MAI chez les patients atteints de MC, adulte comme enfants. Cependant ces patients ont été repérés à partir des diagnostics de sortie des hôpitaux. Aucune étude n’a été basée sur l’identification de ces malades à partir d’autres sources.

Une vaste étude italienne a pris pour base l’ensemble de la population d’enfants et jeunes adultes résidant dans les provinces du nord-est du pays entre 1989 et 2011. La région est peuplée de 1,2 millions d’habitants et la population de référence était de 213 635 sujets.

Les malades ont été repérés par recoupement de sources multiples : registre des naissances, codes diagnostiques de la Sécurité Sociale fournissant une couverture universelle, codes de sortie des hôpitaux, laboratoires d’anatomie pathologique et registres de délivrance des médicaments. De plus, la prise en charge du régime sans gluten a permis un contrôle supplémentaire. Un total de 1 215 cas de MC a été identifié et 6 075 sujets de référence leur ont été appariés par l’année de naissance et le sexe. Les données de santé ont été enregistrées jusqu’au 31/12/2012 ; les diagnostics de diabète n’ont été retenus que jusqu’à l’âge de 18 ans.

Les patients atteints de MC avaient un risque de diabète augmenté (âge médian de diagnostic 5 ans) : rapport de risques (RR) de 2,5 (intervalle de confiance à 95 % [IC] 0,94-6,66) mais le risque ne devenait significatif qu’après 1 an de suivi : RR 3 (IC 1,09-8,25). Le risque d’hypothyroïdie ultérieure (âge médian de diagnostic 11 ans) était également accru, indépendamment de la durée du suivi : RR 4,64 (IC 2,88-7,46) et particulièrement pour les garçons : RR 20 (IC 5,64-70,87), à un moindre degré pour les filles (RR 3,21 ; IC 1,85-5,57) (P<0,01). Aucune différence de risque par sexe n’a été enregistré pour le diabète ni selon l’âge du diagnostic de la MC. Le nombre trop faible d’hyperthyroïdies (n = 6) n’a pas permis d’analyse statistique.

En conclusion, les patients jeunes souffrant de maladie cœliaque ont un risque accru d’hypothyroïdie et de diabète insulino-dépendant. Ces données nécesitent une surveillance accrue pour dépister auusi précocément que possible ces pathologies afin d’optimiser leur prise en charge et limiter les complications qui leurs sont associées

 

Ref: Canova C et coll.: Celiac disease and risk of autoimmune disorders: a population-based matched birth cohort study. J Pediatr., 2016; 174: 146-152.