L’augmentation de prévalence de l’allergie dans les pays industrialisés ressort de plusieurs phénomènes, environnementaux bien sûr mais aussi liés au mode de vie. Une équipe japonaise a ainsi cherché à évaluer l’association entre les activités sportives et les symptômes d’allergie, en particulier la rhinite, chez les enfants scolarisés
Cette étude de surveillance longitudinale d’enfants scolarisés a recueilli les données de questionnaires sur les symptômes allergiques (en se basant sur le programme ISAAC : International Study of Asthma and Allergies in Chidhood) et la participation sportive, qui étaient distribués aux parents des enfants de toutes les 12 écoles primaires publiques de Ohmi-Hachiman, au Japon
Les données étaient recueillies de façon annuelle de 2011 à 2014, quand les enfants arrivaient à l’âge de 10 ans. Des échantillons de sang étaient recueillis en 2014, et les taux d’immunoglobulines IgE spécifiques à quatre allergènes respiratoires étaient mesurés.
Les données de 558 enfants ont ainsi pu être analysées. Il en ressort qu’à l’âge de 10 ans, la prévalence de l’asthme et de l’eczéma n’étaient pas significativement différentes, alors que celle de la rhinite était significativement plus élevée (p=0.009) chez les enfants qui participaient à l’activité sportive.
La prévalence de la rhinite augmentait avec l’augmentation de la fréquence ou de la durée de l’activité sportive (p<0.001). De façon prévisible, parmi ceux qui participaient à des activités sportives continues, la prévalence de la rhinite était significativement plus élevée en cas d’eczéma prolongé (p=0.006). Par contre les tests sanguins montraient que les activités sportives n’augmentaient pas la sensibilisation aux allergènes respiratoires.
Pour ce qui est des étiologies, une des raisons de l’augmentation de la rhinite peut être liée à une exposition plus élevée aux pneumallergènes au cours des activités sportives, et notamment aux pollens ; une stimulation non allergique de la muqueuse nasale au cours de l’exercice peut aussi être en cause (hyperréactivité non allergique). Concernant les enfants ayant un eczéma prolongé, il est possible qu’une incorporation percutanée des pneumallergènes soit majorée par une rupture de la barrière muqueuse cutanée à l’effort, qui pourrait favoriser une inflammation nasale. La barrière nasale pourrait potentiellement être aussi vulnérable que la barrière cutanée chez les enfants avec un eczéma prolongé.
En conclusion, même si les mécanismes sous-jacents restent imprécis, ces données laissent penser que l’apparition de symptômes de rhinite devrait être surveillée au cours du sport chez les enfants allergiques, et qu’une prise en compte appropriée des lésions d’eczéma chez ces enfants est certainement souhaitable.
Pediatr Allergy Immunol 2016 : 27 : 209–213. : Kusunoki T, Takeuchi J, Morimoto T, Sakuma M, Mukaida K, Yasumi T, Nishikomori R, Heike T
