Le diagnostic clinico-biologique des rhinites est difficile à établir, d’autant plus que pour des symptomatologies identiques, l’iimunité locale ou générale peuvent être impliquées. Une étude récente menée par une équipe espagnole a cherché à évaluer les réponses in vitro et in vivo à nOle e 1 dans la rhinite allergique (RA) et la rhinite allergique locale (RAL) chez des patients sensibilisés au pollen d’olivier, cette sensibilisation ayant été confirmée par test de provocation nasale (TPN).

Douze sujets atteints de RA, 12 sujets atteints de RAL et 12 sujets non allergiques constituant le groupe de       contrôle ont été sélectionnés et des tests cutanés et TPN avec nOle e 1 ont été effectués. En parallèle d’autres tests paracliniques in vitro ont été réalisés :

  • La protéine éosinophile cationique (ECP) et la tryptase ont été mesurées dans les lavages nasaux avant et après TPN.
  • Les IgE sériques spécifiques des allergènes du pollen d’olivier ont été mesurées par ELISA.
  • Des tests d’activation des basophiles (TAB) avec le pollen d’olivier et nOle e 1 et des études de prolifération/maturation des cellules dendritiques ont été réalisés.

Les résultats ont permis de discriminer les tests orientant vers une étiologie locale ou systémique.

  • Tous les sujets atteints de RA (12/12) et 10/12 des sujets atteints RAL (83%) avaient un TPN à nOle e 1 positifs.
  • Les niveaux d’ECP dans les lavages nasaux étaient significativement augmentés après TPN dans les deux pathologies RA et RAL par rapport aux sujets du groupe de contrôle à 15 min (P < 0,05).
  • Les IgE sériques n’étaient positives que dans la RA.
  • Tous les sujets avec RA montraient un TAB pour le pollen d’olivier et 10/12 à nOle e 1 (83%) ; 8/12 des sujets avec RAL (66,6%) avait un TAB positif au pollen d’olivier et 4/12 (33%) à nOle e 1 ; un seul sujet du groupe contrôle avait un TAB positif pour les deux, pollen d’olivier et nOle e 1 (8%).
  • La prolifération des cellules dendritiques à nOle e 1 était augmentée dans le groupe RA par rapport au groupe RAL et groupe contrôle (P = 0,019 et P = 0,001, respectivement).

En conclusion cette publication étend à la rhinite allergique le double modèle déjà décrit pour la rhinite allergique aux acariens domestiques  avec deux phénotypes, l’un représenté par la rhinite allergique (RA) classique dite systémique avec tests cutanés et IgE sériques spécifiques positifs, et, l’autre, par la rhinite allergique locale (RAL) avec tests cutanés et IgE négatifs, mais dans ce cas seules les explorations locales sont positives (ECP et tryptase dans le produit de lavage de nez).

 

  • Par contre les deux pathologies RA et RAL montraient une réponse similaire in vivo pour nOle e 1 avec libération de médiateurs inflammatoires ce qui explique la sémiologie comparable.
  • L’activation spécifique des basophiles avec le pollen d’olivier et nOle e 1 a été observée dans la RAL confirmant les données précédentes obtenues avec les acariens.
  • On pourrait  donc résumer ainsi le diagnostic de la RAL : symptomatologie de rhinite allergique classique, tests cutanés et IgE négatifs, TPN positif, tests locaux de l’allergie IgE dépendante positifs.
  • Cette étude suggère bien la confirmation de deux phénotypes de la rhinite allergique ; ce distinguo phénotypique ne se limitant pas à l’allergie aux acariens, existerait donc pour l’ensemble des aéroallergènes.
  • Ainsi, le TPN trouve ici une indication dans le cas de ces rhinites qui seraient abusivement classées parmi le large spectre des rhinites non allergiques.
  • Une clinique évocatrice, un bilan allergologique négatif doit donc faire évoquer le diagnostic de RAL et ainsi de proposer le TPN.
  • Il restera à démontrer la pertinence ou non de l’indication de l’immunothérapie allergénique dans ces RAL.
  • C. Mayorga et al. EAACI 2016 dans Volume 45, Issue 11
    November 2015 Pages 1703–1712