Une équipe de chercheurs français de l’Inserm vient de montrer que des micro-ARNs, à l’origine de modifications épigénétiques, contrôlent l’expression de la GnRH, et que leur défaillance est responsable d’infertilité.

L’apparition de la puberté constitue encore l’une des plus grandes énigmes scientifiques du XXIème siècle. Ces 30 dernières années, la découverte de mutations dans différentes parties du génome de patients souffrant de trouble de la puberté a permis d’identifier quelques gènes impliqués dans ce processus. Cependant, les médecins et les scientifiques estiment que ces gènes ne sont responsables que d’un tiers des problèmes de puberté rencontrés chez les patients.

De nombreuses étapes conditionnent le processus de la puberté. L’une d’elle, qui constitue la première activation de l’axe reproducteur par le cerveau a lieu entre le premier et le troisième mois de vie chez le nourrisson et conditionne le bon déroulement de la maturation sexuelle. Des neurones spécialisés (les neurones à GnRH) sont activés permettant plus tard l’apparition de la puberté.

C’est au niveau de cette étape que des chercheurs français de Lille ont découvert, chez la souris, l’implication de micro-ARNs, ou ARNs non codants. Ils montrent, en effet que la naissance induit un changement radical de l’expression des micro-ARNs  dans les neurones à GnRH de l’hypothalamus aboutissant à l’augmentation de la production de GnRH, indispensable à la maturation sexuelle infantile et juvénile et à la survenue de la puberté. Ces résultats pourraient expliquer l’absence de puberté et l’infertilité chez certains patients pour qui aucune mutation ou polymorphisme (variation dans la séquence d’ADN) n’a été identifiée dans le génome codant.

 

Source : Nature Neurosciences, 2 mai 2016. Inserm, 2 mai 2016http://www.nature.com/neuro/journal/vaop/ncurrent/full/nn.4298.html