Devant une azoospermie, facteur de stérilité fort perturbant pour un jeune couple, il importe d’en rechercher attentivement la cause. On considère que cette affection frappe environ 2 % des hommes et 20 % de ceux qui consultent pour stérilité. L’évaluation étiologique complète peut en être coûteuse et incommode. Le système militaire américain permet cette évaluation sans qu’il en coûte un dollar au patient ; sa base de données est donc unique et précieuse. On distingue classiquement les azoospermies obstructives (AO) liées à un obstacle sur le trajet du sperme entre le testicule et l’urètre et les azoospermies non obstructives (ANO) où le défaut de spermatogenèse est testiculaire. Cette distinction détermine déjà le pronostic, les options thérapeutiques et la probabilité de succès.
L’étude rétrospective de ces auteurs américains, de 2004 à 2012, recense 139 sujets, (99 ANO et 40 AO) soumis à un examen clinique (taille des gonades), à des spermogrammes (avec recherche de fructose dans le sperme), à des dosages hormonaux (FSH, LH, testostérone, œstradiol, prolactine) et à des analyses génétiques (micro-délétion du chromosome Y, gène CFTR). Les biopsies testiculaires ont été proposées dans un but diagnostique ou de procréation médicalement assistée. Le chiffre de FSH a été trouvé en moyenne 8 fois plus élevé (31 mIU/ml) dans les ANO que dans les AO (3,8 mIU/ml).
Ainsi a-t-on pu caractériser dans les ANO une prédominance (34 %) du syndrome des cellules de Sertoli seules (SCOS), où on ne trouve pratiquement pas de spermatocytes, suivi par des cas idiopathiques qui n’ont pas fait leur preuve étiologique (26 %), le syndrome de Klinefelter (9 %) avec un chromosome X surnuméraire (47XXY), un arrêt de la maturation des gamètes (9 %), des injections de testostérone, d’autres anomalies génétiques, une ectopie testiculaire, des antécédents traumatiques ou ourliens.
A l’inverse, les AO reconnaissent comme étiologie première une absence congénitale de canal déférent (40 %), une cause non démontrée (28 %), et une cause iatrogène (blessure du déférent lors d’une cure de hernie de l’enfance) dans 13 % des cas, le reste se répartissant entre obstruction des canaux éjaculateurs dans la prostate, traumatismes, éjaculation rétrograde, occlusion du canal déférent. Dans cette série, il n’a pas été retrouvé d’étiologie épididymaire.
Cette étude, où il n’y a pas eu de limitation dans l’accès aux examens complémentaires, dessine bien le tableau des causes d’azoospermie.
Référence
Gudemann S.R. et coll : Etiology of azoospermia in a military population. J.Urol. 2015 ; 193 : 1318-1321
