Kallistem société de biotechnologie créée en 2012 et basée à l’ENS de Lyon, qui développe des technologies de culture cellulaire innovantes en biologie de la reproduction , vient d’annoncer être parvenue fin 2014 à produire en laboratoire des spermatozoïdes humains complètement formés, à partir de biopsies testiculaires de patients ne contenant que des cellules germinales immatures (spermatogonies).
Plusieurs équipes dans le monde tentent depuis plus de 15 ans de réaliser une spermatogénèse humaine in vitro. C’est un processus physiologique complexe dont la durée est de 72 jours. Pour parvenir à cette première mondiale, Kallistem s’appuie sur deux technologies innovantes brevetées qui pourront répondre aux normes règlementaires en vigueur : Artistem et Bio-AlteR. Artistemest la première plateforme technologique au monde qui permet de produire in vitro des spermatozoïdes humains. Bio-AlteR permet de réaliser des études mécanistiques nécessaires au projet thérapeutique et utiles dans le cas d’études prédictives en toxicologie testiculaire.
"La réalisation de l’ensemble de la spermatogenèse in vitro, depuis les spermatogonies jusqu’au stade ultime de spermatozoïdes, dans des espèces animales, mais aussi dans l’espèce humaine, représente un véritable exploit biotechnologique", estime le Pr Hervé Lejeune, Service de Médecine de la Reproduction, Hôpital Femme Mère Enfant du CHU de Lyon. "Cela ouvre des possibilités thérapeutiques attendues depuis de nombreuses années." Kallistem met en place un projet de développement thérapeutique pour les patients dont la fertilité est menacée.
Les études précliniques doivent durer jusqu’en 2016 et les études cliniques commencer en 2017. Selon les estimations de la société, le traitement de l’infertilité masculine pourrait représenter un marché supérieur à 2,3 milliards d’euros avec plus de 50 000 nouveaux patients par an. Le nombre de spermatozoïdes par éjaculat a été divisé par deux au cours des 50 dernières années dans les pays développés et les approches thérapeutiques pour les patients dans ce domaine sont limitées. Par exemple, aucun traitement n'existe aujourd'hui pour préserver la fertilité des jeunes garçons pré-pubères soumis à un traitement gonadotoxique, comme les chimiothérapies. Plus de 15 000 jeunes patients atteints de cancer au niveau mondial sont concernés. Il n'existe pas non plus de solution pour les hommes adultes qui souffrent d'infertilité non prise en charge par les technologies actuelles. Plus de 120 000 hommes adultes sont atteints d’azoospermie non obstructive. Kallistem vise à répondre aux besoins de ces patients. A partir d’une biopsie testiculaire, il sera possible d’obtenir des spermatozoïdes qui seront cryoconservés jusqu’au désir de paternité et alors utilisés en fécondation in vitro avec micro-injection.
Egora.fr (Pour en savoir plus : http://www.kallistem.com/fr/)
