On dispose d’un nombre croissant d’arguments indiquant que l’infertilité est un facteur de risque indépendant de complications obstétricales et d’évolution périnatale défavorable même chez les femmes qui ne bénéficient pas d’une procréation médicalement assistée (PMA). Une nouvelle étude montre aujourd’hui que le devenir de la grossesse dépend également de la cause de l’infertilité du couple. Elle repose sur les données d’une cohorte historique américaine et a comparé les risques d’évolution défavorable de la grossesse et de l’accouchement chez des couples infertiles ayant utilisé ou non une PMA (n = respectivement 3 689 et 4 098 grossesses uniques ou gémellaires) et chez des femmes avec fertilité normale (n = 297 987).

Les causes prises en compte étaient : l’endométriose et les troubles ovulatoires pris en charge par PMA ou non,  les étiologies masculines et les troubles tubaires (conduisant toujours à une PMA), les pathologies gynécologiques inflammatoires (pas de PMA).

Après ajustement pour des facteurs potentiellement confondants, il apparaît que le risque d’hospitalisation durant la grossesse est augmenté chez les femmes présentant une pathologie gynécologique et varie selon sa nature. Par rapport au groupe avec fertilité normale, il est de près de deux à plus de trois fois plus important chez les femmes atteintes d’endométriose ayant conçu par PMA (1,97) ou naturellement (3,34). En cas de troubles ovulatoires, le risque est de 2,31 en cas PMA et de 2,56 sans PMA et pour les pathologies d’origine tubaire, le risque est de 1,51. Dans le cas des atteintes inflammatoires enfin, le risque est de 2,79.

Les auteurs signalent aussi une augmentation du risque de diabète gestationnel chez les femmes ayant des troubles de l’ovulation qu’elles aient ou non eu une PMA (2,17 et 1,94) et d’accouchement prématuré (1,24-1,93) et de petit poids de naissance (1,27-1,60) dans tous les groupes de patientes avec PMA sauf chez celles qui souffrent d’endométriose. Ils notent que des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les causes de cet excès de morbidité.

Stern JE et coll. : Adverse pregnancy and birth outcomes associated with underlying diagnosis with and without assisted reproductive technology treatment. Fertil Steril., 2015. Publication avancée en ligne le 23 mars. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.fertnstert.2015.02.027