L’allergie alimentaire est fréquente chez l’enfant. La relative méconnaissance des mécanismes étiologiques et physiopathologique est un frein au développement de prises en charge thérapeutiques autres que les traitements symptomatiques ou d’éviction alimentaire.

La présence de variantes avec perte de fonction du gène de la filaggrine (FLG LOF) est un facteur de risque important d’eczéma mais pourrait aussi jouer un rôle dans la survenue de l’allergie alimentaire en facilitant le passage des allergènes à travers la barrière cutanée déficiente.

Une étude transversale a été menée aux Pays-Bas pour vérifier l’association entre génétique de la filaggrine et allergie alimentaire chez les enfants vus entre 2005 et 2009 avec réalisation d’un test de provocation oral (TPO) en double aveugle et contre placebo.

Un génotypage de 4 variantes du gène de la filaggrine a été réalisé chez les enfants (R501X, S3247X, 2282Del4 et R2447X). Le taux des IgE spécifiques des aliments a par ailleurs été dosé.

Parmi les 155 enfants (âgés en moyenne de 7,5 ans) inclus dans ce travail, le TPO était positif pour au moins un aliment dans 102 cas. Une sensibilisation asymptomatique a été constatée chez 31 patients.

Sur ces 155 enfants, 33 (21,3 %) avaient au moins une variante FLG LOF et parmi ceux-ci, 29 (87,9 %) avaient une réactivité clinique à au moins un aliment. Parmi les 122 enfants porteurs d’allèles sauvages, 73 (59,8 %) avaient un TPO positif.

L’odds ration (OR) pour avoir au moins une variante FLG LOF et être cliniquement réactif à un aliment était de 4,9 (intervalle de confiance à 95 % IC 95 % = 1,6-14,7, P = 0,005), ce qui correspond à un Risque Relatif (RR) de 1,5 comparativement aux porteurs d’allèles sauvages.

Cette association a été confirmée par une étude familiale.

Des données sur la sensibilisation étaient connues chez 148 enfants. Parmi eux, 118 (79,7%) étaient sensibilisés à l’aliment testé.
Sur ces 118 enfants sensibilisés, 28 (23,7 %) avaient au moins une variante FLG LOF, alors que c’était le cas chez seulement 4 enfants (13,3 %) des 30 non sensibilisés.

La présence de variantes avec perte de fonction du gène de la filaggrine pourrait donc être un facteur à prendre en compte dans le diagnostic de l’allergie alimentaire.

Ces résultats demandent cependant confirmation sur une population comportant un plus grand nombre d’enfants ayant une allergie alimentaire sans présenter d’eczéma.

Van Ginkel CD et coll. : Loss-of-function variants of the filaggrin gene are associated with clinical reactivity to foods. Allergy 2015; 70: 461-464