Deux études précisent les caractéristiques et le parcours de soins des hommes azoospermiques.

Une étude du CHU de Toulouse a tenté de déterminer si l’examen clinique apporte des informations intéressantes chez les hommes infertiles chez lesquels un spermogramme va être réalisé. "La réponse est indiscutablement positive", considère le Dr M. Walschaerts (Toulouse).

Dans cette série de 1 672 hommes, 85 % des participants présentaient en effet une anomalie à l’interrogatoire ou à l’examen andrologique, dont un antécédent de cryptorchidie dans 13 % des cas, d’infection urinaire ou génitale dans 21,5% des cas, de chirurgie inguinale dans 6,5% des cas, de traumatisme testiculaire dans 4% des cas, une varicocèle dans 22 % des cas, une évaluation anormale des épididymes dans 23 % des cas, ou une évaluation anormale du volume testiculaire dans 36 % des cas. Or, cette évaluation clinique guide le diagnostic étiologique des anomalies spermatiques.

Tout aussi instructives, les données recueillies par le Dr Jean-Marc Rigot (Lille) sur 866 hommes azoospermiques suivis au Centre d’étude et de conservation des oeufs et du sperme humains (Cecos) de Lille. "L’azoospermie (absence de spermatozoïdes dans le sperme) représente 9% des causes d’infertilité masculine", rappelle le Dr Rigot.

Les statistiques du centre révèlent que 45% des hommes azoospermiques s’inscrivent, mais que seulement un tiers d’entre eux recourent au don de spermatozoïdes, et que 25 % abandonnent leur projet de parentalité. C’est aussi le cas de 15 % des hommes qui ont pourtant accepté une extraction chirurgicale pour recueil de spermatozoïdes afin d’entreprendre une injection intracytoplasmique de spermatozoïde (Icsi) et chez lesquels l’extraction a ramené des spermatozoïdes.

"Le taux de succès est pourtant intéressant, 80 % des couples parvenant à avoir un enfant, dont la moitié sans don, l’autre avec don de spermatozoïdes, lorsqu’ils ont suivi tout le parcours de soins proposé", précise le Dr Rigot.

 

D’après les communications de M. Walschaerts (Toulouse) et un entretien avec J.-M. Rigot (Lille).JIM.fr Dec. 2014