Y’a-t-il un lien de causalité entre un taux élevé de LDL-cholestérol (facteur de risque bien connu d’athérosclérose) et un rétrécissement aortique ? Il n’y avait jusqu’à présent pas de réponse formelle à cette question, des études observationnelles ayant révélé un lien mais sans que la causalité puisse être établie, l’abaissement du LDL-cholestérol ne modifiant pas le cours de la valvulopathie. Dans l’étude qui vient d’être publiée dans le JAMA, rassemblant des auteurs suédois, canadiens et américains, ce lien de causalité semble être démontré.
Il s’agit d’une étude de randomisation mendélienne permettant de voir si une prédisposition à avoir un taux élevé de LDL-cholestérol est ou non associé au rétrécissement aortique. Les données analysées portent sur plus de 35.000 patients inclus dans le programme CHARGE (Cohorts for Heart and Aging Research in Genomic Epidemiology), programme rassemblant des participants des études suivantes : the Framingham Heart Study, the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis, the Age/Gene Environment Study et la Malmö Diet and Cancer Study.
La prédisposition génétique à avoir un taux de LDL-cholestérol était significativement associée à l’incidence des sténoses aortiques (HR par mmol/L : 1.28, IC 95% = 1.04 – 1.57) alors qu’aucune association n’était retrouvée ni avec le taux de HDL-cholestérol ni avec le taux de triglycérides. La présence de calcifications au niveau des valves aortiques était également associée à la prédisposition génétique à avoir un taux de LDL-cholestérol élevé (OR 1.38 ; IC 95% = 1.09 – 1.74).
Il reste maintenant à confirmer qu’une intervention précoce sur le taux de LDL-cholestérol permettra de réduire l’incidence des rétrécissements aortiques survenant sur un tel terrain prédisposant.
Références
