L’épidémie majeure" de chikungunya en Guadeloupe et en Martinique a justifié la visite de la ministre de la Santé, Marisol Touraine début Juillet.

Ce virus, transmis par les piqûres de moustiques Aedes albopictus, est apparu aux Antilles et en Guyane depuis fin 2013, touchant pour la première fois des territoires déjà habitués à la dengue, autre maladie véhiculée par les moustiques et endémique aux Antilles.

La tendance générale est à la stabilisation du nombre hebdomadaire de personnes qui consultent un médecin pour le "chik": entre 2.500 et 3.000 nouveaux cas en Martinique et entre 5.000 et 5.500 en Guadeloupe, qui présentent des fièvres, douleurs articulaires, parfois violentes mais sans remède spécifique, selon l'Institut de Veille sanitaire (InVS).

En Martinique, l’épidémie se poursuit (37 600 cas cliniquement évocateurs signalés au total).

En Guadeloupe, l’épidémie s’intensifie sur l’ensemble du territoire (40 400 cas évocateurs au total).

En Guyane, la circulation du virus du chikungunya continue sa progression.

A Saint-Martin, une reprise de la transmission virale est observée mais reste modérée. A Saint-Barthélemy, la tendance à la reprise de la circulation virale est observée depuis 4 semaines;

Six décès "en lien avec le chikungunya" ont été enregistrés en Guadeloupe depuis le début de l'épidémie en décembre, mais un seul de ces décès "est directement lié à la maladie", celui "d'un sujet âgé chez qui l'infection a provoqué des vomissements et conduit à une infection pulmonaire mortelle" d’après l'Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe et de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Une "enquête de séroprévalence" est en train d'être menée pour savoir quelle proportion de la population est porteuse du virus ou est désormais immunisée, car le chikungunya ne s'attrape qu'une seule fois. Sans ces données, impossible de savoir si le pic de l'épidémie a été franchi.

A l'orée de la saison des pluies, qui risque de favoriser la prolifération des moustiques, Marisol Touraine vient évaluer le risque d’aggravation de l’épidémie et le degré de préparation de la population et des structures sanitaires sur place en particulier pour tout ce qui concerne la lutte anti-vectorielle, la permanence des soins pour faire face à l’afflux des patients et la capacité d’hospitalisation des cas graves.

Concernant la dengue liée à un flavivirus et transmis par le moustique Aedes aegypti, la maladie est endémique en Guyane française (10% de la population concernée et des épidémies tous les 2 ou 3 ans) et en Martinique et Guadeloupe (mais cette année elle est "noyéeé dans l'épidémie de Chikungunya). Elle est également très présente à Saint-Martin et Saint-Barthélémy avec des sérotypes de flavivirus prédominants différents. Compte tenu de la fréquentation touristique (2 millions par an à Saint-Martin, 600 000 en Martinique), le risque de diffusion du virus à partir de cas importés et d'installation permanente dans des régions comme les nôtres dans lesquels un des moustiques (Aedes albopictus) est présent doit être réévaluées.

Situation en Paca-Corse

Depuis le début de la surveillance renforcée du Chikungunya et de la Dengue, 86 cas suspects ont été signa-lés : 32 cas de chikungunya, 13 cas de dengue et une co-infection ont été confirmés, tous importés.

Les services de lutte anti-vectorielle ont effectué autour des cas importés 35 prospections entomologiques dont 10 traitements adulticides.

Origine des cas importés :

- Chikungunya (12 Martinique, 12 Guadeloupe, 4 Haïti, 1 Saint-Martin, 1 République Dominicaine, 1 Indonésie, 1 Sierra-Leone)

- Dengue (3 Guadeloupe, 4 Thaïlande, 3 Indonésie, 2 Costa-Rica et 1 Brésil)

«3 cas suspects en Corse, non confirmés biologiquement. Signalement à l’ARS avant confirmation bio si voyage en pays d’endémie dans les 15 jours, sinon attente confirmation bio.

La vigilance des acteurs de terrain et le respect des préconisations de l’ARS est impérative pour limiter le risque de diffusion locale de ces maladies d’importation

Communiqué INVS 13/07/14 et Option Bio Juin 2014 (communiqué Institut Pasteur de Guyane, 33ème réunion interdisciplinaire de chimiothérapie anti-infectieuse)