ors de la grossesse un certain nombre de maladies infectieuses font l’objet d’un dépistage obligatoire. À ce nombre restreint, il est possible d’ajouter des dépistages seulement recommandés, ce qui permet de couvrir la plus grande partie des maladies pouvant être préoccupantes pour la femme enceinte et/ou son fœtus.
Dépistages obligatoires
La rubéole, l’hépatite B, la toxoplasmose et la syphilis sont les seules maladies infectieuses dont le dépistage est obligatoire chez la femme enceinte en France.
Rubéole
En l’absence d’une preuve écrite de l’immunité (rubéole ou vaccinations documentées), le statut immunitaire de la femme enceinte doit être déterminé à l’occasion de la première consultation prénatale par la recherche d’IgG spécifiques.
Chez les femmes enceintes séronégatives, une nouvelle sérologie sera proposée à 20 SA à la recherche d’une éventuelle séroconversion.
En cas de notion de contage, de séroconversion, d'élévation significative du taux d'IgG ou de signes cliniques ou échographiques de rubéole, une recherche d’IgM spécifiques devra être réalisée ainsi qu’un test d’avidité des IgG permettant de dater l’infection. Juste après la naissance, les femmes séronégatives devront bénéficier d’une vaccination (associée à une contraception). Bien que le nombre de rubéole chez la femme soit aujourd’hui peu élevé grâce à la vaccination (ROR 2 doses), il apparaît que la couverture vaccinale est insuffisante pour enrayer complètement la maladie et qu’un petit nombre de rubéoles congénitales malformatives persistent
Une étude de prévalence réalisée en France en 2009-2010 montre qu’actuellement le taux de femmes séronégatives vis-à-vis de la rubéole atteint dans certaines régions 10% de la population étudiée expliquant la réapparition actuelle de cette maladie chez les adultes .
Hépatite B
La France est un pays de faible endémie d’hépatite B mais la population immigrée est, en certaines régions, en augmentation et actuellement l’ensemble de la population adulte est mal protégée contre cette maladie .
Des enquêtes réalisées chez les femmes enceintes ont montré que le portage chez les femmes nées en France était de 0,15% et chez celles nées hors de France de 2,56%.
D’autres enquêtes ont par ailleurs montré qu’en France, la couverture vaccinale des nourrissons est plutôt satisfaisante, environ 85% des nourrissons bénéficiant d’une dose avant l’âge de 3 mois alors que les adolescents sont insuffisamment vaccinés. Chez la femme enceinte, la recherche de l’antigène HBs doit être effectuée à la consultation prénatale du 6e mois afin que des mesures efficaces puissent être prises lors de l’accouchement pour diminuer le risque de transmission de la mère à l’enfant.
Toxoplasmose
Une surveillance sérologique doit être mise en place dès le début de la grossesse. En l’absence d’une immunité acquise, cette surveillance perdurera de façon mensuelle durant toute la grossesse puis dans les jours qui suivent l’accouchement. La prévention de la toxoplasmose ne repose que sur des mesures d’hygiène et de précautions alimentaires dans la mesure où aucune vaccination n’est disponible.
La séroprévalence de la toxoplasmose a baissé régulièrement depuis 1960 et en 2010, elle était estimée chez les femmes enceintes à 36,7%, variant toutefois selon l’âge de la mère et les régions (prévalence plus importante dans les régions du sud que celles du nord).
Syphilis
Bien que la syphilis soit une maladie rare en France, sa détection est obligatoire au début de la grossesse (1er trimestre). Selon les recommandations de l’HAS, un second dépistage doit être réalisé ultérieurement lors de situations à risque.
La prévalence en France de la syphilis congénitale est faible (0,7/100 000 naissances) et concerne des enfants de mère vivant dans un contexte de grande précarité (gens du voyage, immigrées, faible niveau socio-économique).
Dépistages à proposer de façon systématique
VIH
Une sérologie VIH doit être proposée en début de grossesse (< 10 SA) mais le consentement de la mère est obligatoire.
Ce dépistage permet une prise en charge par une équipe spécialisée des femmes séropositives. Grâce à ce dépistage prénatal et aux traitements antirétroviraux instaurés en cas de séropositivité de la mère, le taux de transmission mère-enfant du VIH1 est devenu faible en France.
Streptocoque B
Le dépistage du streptocoque B est recommandé chez la femme enceinte entre 35 et 38 SA.
Différentes études ont montré que les protocoles de prévention mis en place lors d’un dépistage positif ont un impact sur les infections néonatales précoces bien que l’instauration d’un traitement doit toujours être posée en raison des conséquences possibles sur l’écologie bactérienne.
Dépistage non recommandé
Cytomégalovirus
Bien que le CMV soit la 1re cause d’infections congénitales dans les pays développés (0,3 à 2% des naissances), le dépistage de ce virus en France n’est pas recommandé.
Les performances variables des tests sérologiques, l’absence de traitement prénatal validé, l’absence de consensus concernant la prise en charge des infections maternelles et enfin les conséquences négatives d’un dépistage positif (anxiété des parents, augmentation du nombre d’amniocentèses, IMG non justifiées) expliquent l’absence de recommandation.
D’après une enquête réalisée en France métropolitaine en 2010, la séroprévalence du CMV chez les femmes âgées de 15 à 49 ans est de 45,6%.
Parmi les femmes séronégatives, celles qui sont le plus exposées à contracter une infection à CMV au cours de leur grossesse sont celles qui ont des contacts rapprochés avec des enfants d’âge préscolaire (< 3 ans), c’est-à-dire les mères de famille (+++), les personnels des crèches, des services de pédiatrie et de néonatologie ainsi que celles de bas niveau socio-économique.
L’amélioration des techniques sérologiques de diagnostic de l’infection maternelle à CMV (recherche de l’avidité des IgG chez les femmes IgM +) pourrait amener à une évolution concernant les recommandations du dépistage du CMV.
Option Bio – Dec 2013
