Une récente étude confirme le surrisque thromboembolique pour les grossesses après fécondation in vitro (FIV). Le risque d’embolie pulmonaire reste faible en valeur absolue, mais il est multiplié par quasiment 7 au cours du premier trimestre par rapport aux grossesses standard. L’hyperestrogénie liée à la procédure est mise en cause.
Le risque thromboembolique veineux est augmenté par la grossesse, il l’est davantage après son obtention par fécondation in vitro (FIV). Une étude réalisée en Suède sur les registres nationaux de FIV et de naissance vient de confirmer cette donnée, en particulier au cours du premier trimestre de grossesse, tout en affinant son calcul à l’aide d’une méthodologie précise (1). L’équipe de P. Henriksson (Karolinska Institute, Stockholm) a en effet retrouvé un risque thromboembolique multiplié par 4 par rapport aux grossesses standard (1,5/1 000 versus 0,3/1 000), et non par 10 comme le suggérait une étude antérieure. En revanche, si « le nombre total d’embolies pulmonaires reste faible en valeur absolue », le surrisque au premier trimestre est multiplié par 7.
Il est à noter qu’alors que le risque d’embolie pulmonaire est plus élevé dans la période du post-partum après grossesse naturelle, il l’est après FIV au cours du premier trimestre de grossesse. Cette proximité temporelle suggère que les changements induits par la procédure elle-même sont importants dans la physiopathologie du processus embolique. Comme les auteurs le soulignent, les praticiens doivent être informés du surrisque d’embolie pulmonaire après FIV, compte tenu de ses symptômes parfois insidieux et de son pronostic potentiellement fatal.
(1) Henriksson P, et al. Incidence of pulmonary and venous thromboembolism in pregnancies after in vitro fertilisation: cross sectional study. BMJ. 2013 Jan 15;346(jan15 3):e8632–2.
