Le dépistage constitue un des axes forts du 3ème plan Cancer. La France se trouve en retrait en termes de participations par rapport aux objectifs et aux moyennes européennes : Environ 32% pour le dépistage du Cancer Colo-Rectal (CCR) alors q’un taux de participation de 50% permettrait de diminuer la mortalité de 20% (et plus encore la morbidité). Pour le cancer du sein la participation est de 52% pour un objectif de 70%. La place des médecins traitants y a été réaffirmée après que plusieurs études aient montré que leur implication et leur formation permet d’améliorer significativement ces résultats.

Après que des travaux précédents aient montré qu’une communication insuffisante des médecins constituait un frein au dépistage, un essai randomisé a été réalisé sur le dépistage du CCR en région parisienne. Il a concerné 2 groupes de médecins comparables en termes de profils. L’un des groupes a bénéficié d’une formation de 4 heures axée sur la communication avec le patient, qui doit expliquer clairement la méthodologie du test mais englober également les enjeux du dépistage, l’interprétation des résultats et les suites dans chaque cas avec un temps de libre parole pour les patients. Au terme des 7 mois de l’étude, l’efficacité de cette formation a été évaluée sur un seul critère : Le nombre de tests réalisés dans la population éligible de chaque groupe. Il était de 36.7% dans le groupe intervention contre 24.5% dans le groupe témoin, ce qui prouve qu’une formation, même « légère » permet de progresse significativement.

Une autre étude  réalisée dans le Val de Marne entre 2007 et 2010 a confirmé le rôle du MG dans le suivi du patient après obtention d’un résultat positif. Une intervention du MG, soit lors de la remise du test, soit après transmission du résultat, influe très fortement sur la réalisation de la coloscopie et surtout son délai de réalisation.

Pour les dépistages des cancers du sein et du col de l’utérus, les études menées depuis 2010 sur la cohorte SIRS démontrent que les principaux facteurs d’inégalité sont socio-économiques. Les immigrées et les femmes issues de l’immigration ont 3 fois plus de risques de ne pas faire de mammographie de dépistage (et 5 fois plus pour le frottis cervico-vaginal).

Dans ous les cas, il apparaît que des politiques de dépistage « universalistes renforcées » doivent être soutenues. Le 3ème plan cancer préconise le financement d’une consultation de prévention consacrée entre autres à l’explication aux dépistages organisés.

Communications lors du 7ème Congrès de la MG (27-29/06 2013, Nice)

 

3ème Plan cancer (23/08/2013)