Selon un rapport récent publié dans le BEH, 80% des Français seraient carencés en vitamine D; plus précisément, les résultats montraient que 80,1% des adultes présentaient une insuffisance en vitamine D (<30 ng/ml), 42,5% un déficit modéré à sévère (entre 10 et 20 ng/ml), et 4,8% un déficit sévère (<10 ng/ml).

Aux Etats-Unis, la situation n’est guère différente, avec une concentration moyenne de 26 ng/ml mais parfois nettement inférieure, notamment au sein de la population Afro-américaine (16 ng/ml).

Or, ce déficit en vitamine D est loin d’être anodin ; il favorise l’émergence de certaines pathologies et notamment les infections.

En effet, s’il est vrai qu’une carence en vitamine D expose à un risque d’infection ( en particulier en cas de vitaminémie inférieure à 20 ng/ml) , c’est en raison des interférences entre vitamine D et immunité innée car la vitamine D joue notamment un rôle antimicrobien via des peptides tels que la bêta-défensine 2 et la cathélicidine.

Dans une étude publiée dans la revue Dermato-Endocrinology, D.A. Youssef et coll. font une analyse détaillée de toute la littérature consacrée aux conséquences médicales et économiques de la carence en vitamine D, rappelant au passage que 50% des personnes admises à l’hôpital ont justement un taux de vitamine D inférieur à 20 ng/ml, les exposant tout particulièrement aux infections nosocomiales. Or celles-ci  représentent aux Etats-Unis un coût évalué entre 28.4 et 54 milliards de dollars par an ! Les auteurs ne font pas d’évaluation précise des infections qui pourraient être évitées en corrigeant ce déficit vitaminique mais à n’en pas douter, ce sont plusieurs milliards de dollars qui pourraient être économisés, surtout si aux infections évitées on ajoute l’évitement d’autres pathologies induites ou favorisées par la carence en vitamine D !

Dima A. Youssef et coll. Vitamin D's potential to reduce the risk of hospital-acquired infections. Dermato-Endocrinology 2012