Plusieurs millions d'enfants sont aujourd'hui nés dans le monde grâce aux techniques d'Assistance Médicale à la Procréation. Les professionnels de l'AMP suivent l'état de santé de ces enfants à la naissance et au cours des premières années de vie afin de déceler d'eventuelles répercussions sur leurs santés.
Une étude réalisée par une équipe belge (Bonduelle M et col, 2005) sur une population de 540 enfants nés après ICSI et 437 après FIV, versus 538 nés suite à des grossesses spontanées montrait une augmentation des anomalies chez les enfants nés après FIV et encore plus après ICSI.
Plus récemment, une équipe australienne (Davies M.J. et col, 2012) s'est intéressée à une population plus importante d'enfants (302811 grossesses spontanées, 6163 après AMP), afin d'évaluer le risque de malformation avant 5 ans chez des enfants nés après FIV ou ICSI par rapport à des enfants nés suite à des grossesses spontanées dans une population de femmes fertiles et subfertiles. Cette étude a ainsi répertorié les anomalies morphologiques, neurologiques, biochimiques, génétiques et cytogénétiques.
Les femmes ayant accouché après AMP étaient plus âgées, présentaient une probabilité plus importante d'habiter dans une région plus défavorisée, d'être nullipare, d'avoir accouché prématurément et/ou par césarienne. Cette étude montre également qu’il y a plus de faibles poids de naissance et d'enfants mort-nés dans cette population.
Risque accru de malformation après AMP :
Cette étude montre une augmentation des malformations (anomalies multiples, uro-génitales, cardiovasculaires, infirmité motrice, cérébrale...) pour les enfants nés après AMP (8,3%) par rapport au groupe d'enfants nés de grossesses spontanées (5,8%)
Risque différent en fonction du type d'AMP:
Les malformations sont moins fréquentes chez les enfants nés après FIV (7,2%) comparés à ceux nés après ICSI (9,9%).
Il n’y a en revanche pas de différence significative que les embryons transférés soient « frais » ou congelés.
Cette étude montre également que le risque de malformation est plus élevé chez les enfants nés après IIU, sans en préciser le pourcentage.
Il n’y a par contre pas d'augmentation du risque en cas d’induction simple de l'ovulation.
Jumeaux versus singletons:
En cas de grossesse gémellaire, la probabilité de survenue de malformations n’est pas significativement différente entre les enfants nés après AMP et ceux nés de grossesses spontanées. Ceci peut s'explique par le fait que les jumeaux nés après AMP sont plus souvent dizygotes (transfert de plus d'un embryon), le risque de malformation étant plus élevé chez les jumeaux monozygotes.
En fonction de la population :
Le risque d’avoir un enfant atteint de malformation après une grossesse spontanée est plus élevé, mais de manière NON SIGNIFICATIVE, chez les femmes présentant un antécédent d’infertilité par rapport à une population de femmes fertiles.
Hum Reprod 2012. Vol 27, 902-909 et 1156-1161
