Les médias grand public ont largement fait écho à un travail français, selon lequel la concentration en spermatozoïdes chez les français a suivi une pente décroissante continue entre 1989 et 2005. Les chercheurs ont calculé qu’à l’âge moyen de 35 ans, la concentration moyenne en spermatozoïdes est passée de 73,8 M/ml en 1989 à 49,9 en 2005. En parallèle, il y a eu également une altération de la morphologie avec réduction de la proportion des spermatozoïdes normaux de 33% durant cette même période.
Cette importante étude qui concerne 26 000 hommes recrutés dans la base de données FIVNAT rassemblant 126 centres d’AMP met en relief la part masculine dans l’infertilité du couple. Ces constatations peuvent être rapprochées de celles faites dans d’autres pays, qui ont amenés l’OMS à revoir les valeurs de référence des caractéristiques spermatiques : la concentration normale minimale est ainsi passée de 20 M/ml en 1999 à 15 M/ml en 2010, la mobilité progressive de 50 à 32%, la proportion de spermatozoïdes morphologiquement normaux de 20 à 15%.
Les valeurs moyennes observées en 2005 restent donc dans les normes de fertilité OMS, mais cette baisse générale est probablement responsable d’une diminution du pouvoir fécondant moyen. Cette étude est la première à l’échelle d’un pays et durant une durée significative. Elle constitue un avertissement en termes de santé publique, en particulier concernant les facteurs environnementaux pouvant expliquer cette altération, en relation probable avec les perturbateurs endocriniens.
Human Reprod 04/12/12
