L’étude génétique des cancers colo-rectaux (CCR) a permis d’identifier un nombre considérable de gènes d’intérêt dans certaines formes constitutionnelles ou acquises. Néanmoins, les applications dans le cadre de la prévention, du diagnostic ou du traitement restent actuellement limitées (essentiellement utilisées dans les formes familiales, relativement minoritaires).

Une équipe italienne s’est intéressée non pas directement aux gènes, mais aux micro-ARN (Mi-ARN) présents dans ces tumeurs. Il s’agit de petites séquences d’ARN qui régulent l’activité génétique des cellules saines ou malades. Leur grand nombre rend complexe l’interprétation de leur présence au regard de leur possible rôle fonctionnel. Toutefois, l’amélioration des techniques de biologie moléculaire et de bioinformatique a permis d’avancer dans cette voie.

L’étude des tissus tumoraux de 40 patients atteints de CCR a retrouvé 621 micro-ARN différents. Une étude comparative par rapport à des tissus sains a permis d’en distinguer 23 qui n’étaient pas retrouvé de façon comparable, chez les sujets indemnes de CCR.

L’étude a ensuite cherché à corréler leur expression dérégulée avec la présence d’oncogènes ou l’inactivation de gènes suppresseurs de tumeurs (tels MET, APC ou CA 19.9) chez les patients concernés. Une corrélation a ainsi pu être établie entre un micro-ARN et l’oncogène MET. La sous-expression du MiARN-1 pourrait favoriser l’activation de l’oncogène et le développement du CCR. 2 applications sont envisagées par les auteurs. La détection d’une diminution du MiARN-1 pourrait servir de support à un kit de détection précoce des CCR. D’autre part, une nouvelle stratégie thérapeutique reposant sur l’augmentation du Mi-ARN-1, qui joue probablement un rôle de suppresseur de tumeur, pourrait éteindre l’expression du gène MET afin d’induire la diminution de la progression tumorale et du risque de métastases.

Mol Cancer Res Avril 2012 10(4) ; 504-15