Actuellement l’étude de la réserve ovarienne, en particulier en vue d’assistance médicale à la procréation, repose essentiellement sur la combinaison de 2 marqueurs. Le principal marqueur biologique est le dosage de l’AMH (Hormone Anti-Mullerienne). L’échographie ovarienne apporte des informations complémentaires avec le compte de follicules antraux (CFA). Une étude danoise récente propose d’y ajouter un 3ème indicateur clinique qui serait l’âge de la ménopause maternelle.
Cette étude qui a porté sur 527 femmes âgées de 20 à 40 ans a comparé les 2 marqueurs précités avec l’âge (par décade) de la ménopause maternelle. Les résultats ont trouvé un lien significatif avec une décroissance de 8.6%, 6.8%, 4.2% par an de l’AMH selon que les mères avaient été ménopausées avant 45, entre 46 et 54 ou après 55 ans. Une tendance comparable a été retrouvée pour le CFA (5.8%, 4.7%, 3.2%). Ces résultats ont été obtenus après ajustement sur d’autres facteurs influant sur la réserve ovarienne (tabagisme, contraception, âge, IMC). Ils plaident pour l’influence de facteurs héréditaires sur la réserve ovarienne mais ne permettent pas d’affirmer que l’âge de la ménopause est un marqueur direct de la fertilité dans la descendance féminine. Seules des études longitudinales suivant les femmes jusqu’à la ménopause et évaluant leur fertilité pourront le confirmer. Néanmoins, compte tenu des résultats d’autres études montrant que le déclin de la réserve ovarienne est un processus long, s’amorçant dès 25 ans pour des femmes qui seront ménopausées à 45, cette information souvent facilement accessible, permettrait d’éviter à de nombreuses femmes d’attendre trop longtemps avant de rechercher une grossesse spontanée ou d’engager une démarche en AMP.
En marge de ces résultats, l’étude a montré une baisse significative de l’AMH et du CFA (27 et 26%) chez les femmes sous contraception orale par rapport aux autres. Pour les auteurs, ces résultats ne doivent pas affoler car cet effet est probablement transitoire et dépourvu de conséquence à long terme sur la réserve ovarienne. Ils envisagent toutefois d’évaluer l’effet dose-réponse de la contraception hormonale sur ces marqueurs de réserve ovarienne.
Human Reproduction on Line (07/11/2012)
