Dans la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), les surinfections bactériennes représentent un risque de décompensation pour le patient. La recherche de bactéries dans les voies aériennes repose principalement sur les cultures microbiologiques classiques. Celles-ci ont 2 inconvénients potentiels. Un risque de sensibilité insuffisante risque d’induire un défaut de traitement. Au contraire, en l’absence de résultat quantitatif, la détection de germes responsables de colonisation et non d’infections véritables peut entraîner un traitement antibiotique inutile avec des conséquences délétères (intolérance, sélection de souches résistantes, coût…). Il apparaît donc licite de recourir à des techniques moléculaires plus modernes telle que la PCR multiplex quantitative (qPCR). L’amplification de l’ADN bactérien permet la détection mais aussi la quantification de la charge microbienne.
Une étude récente incluant 134 patients atteints de BPCO chez lesquels ont été effectué 373 examens microbiologiques sur expectorations a comparé les 2 méthodes afin de préciser la prévalence des infections bactériennes potentielles ou avérées, la charge microbienne en bactéries pathogènes habituelles des voies respiratoires (Haemophilus influenzae, streptococcus pneuminae, moraxella catarrhallis) mais aussi en bactéries atypiques. Cette étude a porté sur des échantillons obtenus en phase de poussée ou en période non active de l’affection chronique.
Les bactéries communes ont été plus fréquemment détectées en phase de poussée (59% de positivité) qu’en dehors (27%). Par rapport aux techniques usuelles la qPCR s’est avérée plus discriminante avec 59% d’échantillons positifs contre 24%.
Chez les patients pour lesquelles les mêmes bactéries étaient retrouvées en dehors et lors des poussées, la PCR quantitative montrait une charge microbienne en moyenne 20 fois plus élevée en phase active.
D’autres indicateurs ont également été évalués. En dehors des poussées, une charge bactérienne élevée est corrélée à un syndrome obstructif plus sévère mesuré par le VEMS et à des doses plus fortes de corticoïdes inhalés. Les concentrations de CRP sont également corrélées à la détection des germes et à une charge microbienne importante.
Tous ces arguments clinico-biologiques concordent pour confirmer l’intérêt de cet examen chez les sujets atteints de BPCO pour lesquels les méthodes habituelles montrent leurs limites. De tels résultats incitent à compléter cette étude afin de préciser la place de la qPCR dans le suivi de la BPCO et sa prise en charge thérapeutique.
Thorax (on line) 03/08/12
